Le Collectif des Travailleurs Sénégalais Licenciés par SAIPEM SA a tenu, ce jeudi, une conférence de presse à Dakar pour réclamer le paiement de leurs indemnités de licenciement, de leurs droits légaux ainsi que des dommages et intérêts qu’ils estiment leur être dus.
Face aux journalistes, les ex-travailleurs ont appelé à l’intervention du Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et du ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, Dr Abdourahmane Diouf, afin de trouver une issue à un contentieux qui, selon eux, perdure depuis plusieurs années.
Au cœur de leur revendication figure le dossier de 91 travailleurs sénégalais, dont les relations professionnelles avec SAIPEM SA auraient, selon le collectif, été rompues en 2016. Les intéressés affirment avoir reçu des lettres de licenciement invoquant le fait que l’entreprise « n’a plus besoin de leurs services », sans bénéficier, selon eux, des indemnités prévues par le Code du travail.
Prenant la parole au nom du collectif, Abdou Diedhiou a retracé l’historique du dossier. Il a expliqué que les relations professionnelles remontaient à l’époque de Bouygues Offshore, avant le rachat de cette société par SAIPEM SA en 2002.
Selon lui, les relations de travail avec les ex-employés sénégalais se seraient poursuivies jusqu’en 2016. Il conteste ainsi l’interprétation donnée à un procès-verbal de conciliation partiel signé en 2008, que certaines décisions judiciaires auraient considéré comme ayant mis fin aux relations de travail
.Pour le collectif, cette interprétation serait contredite par plusieurs documents, notamment les lettres de licenciement et les certificats de travail délivrés en 2016. Ces pièces constitueraient, selon les ex-travailleurs, des éléments démontrant la poursuite de leur relation professionnelle avec SAIPEM après 2008.
Pour étayer leurs accusations, les ex-travailleurs ont également évoqué plusieurs contentieux judiciaires impliquant SAIPEM SA en France. Ils ont notamment cité des décisions rendues par les cours d’appel de Versailles, le 22 juin 2022, de Douai, le 20 mars 2024, et d’Aix-en-Provence, le 10 mai 2024.
Le collectif présente ces affaires comme des exemples de litiges portant notamment sur des questions liées aux licenciements et aux relations de travail. Abdou Diedhiou affirme ainsi que SAIPEM aurait déjà été confrontée à plusieurs procédures judiciaires à l’étranger.
Il estime dès lors que le cas des travailleurs sénégalais devrait être réexaminé à la lumière de ces précédents. Le porte-parole du collectif dénonce également ce qu’il qualifie de « passé judiciaire peu glorieux » de la multinationale et estime que la situation des 91 travailleurs mérite une attention particulière des autorités sénégalaises.
Au-delà du combat judiciaire, le collectif souhaite désormais une implication directe des pouvoirs publics. Les ex-travailleurs demandent aux autorités de favoriser un règlement définitif du différend et de veiller, selon eux, au respect du droit du travail sénégalais.
Ils réclament le paiement de leurs indemnités légales de licenciement ainsi que des dommages et intérêts pour les préjudices qu’ils affirment avoir subis depuis la rupture de leurs contrats.
Pour Abdou Diedhiou et ses camarades, l’intervention du chef de l’État et du ministre chargé de l’Énergie, du Pétrole et des Mines pourrait permettre de débloquer un dossier qui, selon eux, affecte depuis plusieurs années de nombreuses familles sénégalaises.
Le collectif appelle ainsi à un arbitrage politique qu’il souhaite juste et équitable, afin de permettre aux anciens travailleurs de recouvrer leurs droits et de mettre un terme à ce long contentieux.
Moussa Diba










