
Le Front pour la Défense de la Démocratie et de la République (FDR) interpelle le Conseil constitutionnel sur les conditions de publication de ses décisions et appelle à davantage de transparence dans le processus électoral. Dans un communiqué rendu public ce vendredi, la coalition réaffirme également sa solidarité avec des acteurs de la société civile faisant l’objet de menaces.
Par lettre en date du 17 septembre 2026, le FDR a saisi le président du Conseil constitutionnel afin de demander la publication systématique de toutes les décisions de la juridiction dans les mêmes formes et selon les mêmes procédés.
Selon le FDR, depuis 2016, le Conseil constitutionnel rend des décisions aussi bien en matière contentieuse que sur demande d’avis. La coalition relève toutefois une différence de traitement : alors que les décisions contentieuses sont publiées au Journal officiel et rapidement portées à la connaissance du public par affichage et mise en ligne sur le site du Conseil, les décisions rendues sur demande d’avis ne bénéficieraient pas du même dispositif.
Le FDR cite notamment l’avis rendu le 10 juillet 2024 à la suite d’une demande du chef de l’État en date du 5 juillet 2024, dont la publication au Journal officiel n’est intervenue que le 6 septembre 2024.La coalition estime qu’un tel décalage peut créer, selon elle, une inégalité d’accès à l’information entre les acteurs politiques, notamment en période électorale.
Le FDR indique avoir reçu, mercredi 16 septembre 2026, une délégation du Réseau des structures de gestion électorale en Afrique de l’Ouest (RESAO), en visite au Sénégal pour évaluer les mesures engagées en faveur du renforcement du dispositif électoral.
Les échanges ont notamment porté sur le suivi des recommandations formulées par les missions d’observation de la CEDEAO à l’issue de l’élection présidentielle de mars 2024 et des élections législatives de novembre 2024.
Tout en regrettant ce qu’il considère comme le caractère partisan et inexact de la note conceptuelle de la mission, le FDR dit avoir apprécié l’initiative ainsi que la qualité des discussions.
La coalition affirme toutefois qu’aucune des recommandations de la précédente mission de la CEDEAO n’aurait, selon elle, été mise en œuvre. Elle met notamment en cause la crise au sommet de l’État, le manque de transparence électorale, le non-respect, selon elle, de certaines dispositions du Code électoral et l’inactivité persistante de la CENA, qu’elle estime contraire aux missions qui lui sont assignées par les articles 5 et 6 de la loi n° 2021-35 du 23 juillet 2021 portant Code électoral, telle que modifiée.
Face à ces préoccupations, le FDR appelle les institutions concernées à garantir une information publique accessible, rapide et équitable et à engager les réformes qu’il juge nécessaires pour renforcer la transparence et la crédibilité du processus électoral.
Le FDR exprime enfin sa « pleine et entière solidarité » avec les acteurs de la société civile, notamment Babacar Ba, président du Forum du justiciable, et Moundiaye Cissé, directeur exécutif de l’ONG 3D, que le communiqué dit confrontés à des agressions et à des menaces de mort.
La coalition appelle les partis politiques, les démocrates et l’ensemble des forces vives du pays à s’opposer à ces attaques et réaffirme sa volonté de prendre part à la défense des acteurs de la société civile et de l’espace démocratique.
Fait à Dakar, le 18 septembre 2026La Conférence des leaders du FDR










