L’objectif de cet atelier est de doter les professionnels intervenant dans la prise en charge des victimes de violences de compétences en matière d’inclusion et de communication en langue des signes, afin de garantir un accès équitable aux services de protection, de santé et de justice pour les personnes handicapées.
Les travaux se sont appuyés sur les résultats du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5, 2023), qui établissent le taux de prévalence du handicap à 7,3 %, contre 5,9 % en 2013. Les femmes sont davantage concernées (7,76 %) que les hommes (6,68 %), tandis que les régions de Saint-Louis et de Ziguinchor affichent les taux les plus élevés.
Les participants ont également rappelé que les personnes handicapées, notamment les femmes et les filles sourdes ou malentendantes, sont particulièrement exposées aux violences basées sur le genre. Selon les données présentées, 83 % des femmes handicapées subiront des violences au cours de leur vie, alors que les obstacles liés à la communication, à l’information et à l’accès aux services limitent fortement leur protection.
Au nom de la ministre de la Famille, Marie Angélique Sarr Diouf, Dr Rokhaya Diakhaté a salué l’engagement d’ONU Femmes, d’Humanité & Inclusion et de l’ensemble des partenaires techniques.
Elle a rappelé que cette initiative s’inscrit dans la dynamique de la Vision Sénégal 2050, qui fait de l’équité sociale, de la protection des groupes vulnérables et du développement du capital humain des priorités nationales.
La directrice de la Famille a souligné que le Sénégal dispose aujourd’hui d’un cadre juridique renforcé, avec notamment la Loi d’orientation sociale de 2010, la loi de 2020 criminalisant le viol et la pédophilie, ainsi que le protocole multisectoriel signé en juillet 2025 pour une prise en charge holistique des survivantes de violences.
« L’inclusion des personnes handicapées n’est pas seulement une obligation légale, c’est avant tout une question de dignité, de justice sociale et de respect des droits humains », a-t-elle affirmé, invitant les participants à devenir des acteurs du changement dans leurs administrations respectives.
Prenant la parole au nom du Président de la République, Cheikh Saad Bouh Diouf a qualifié cette formation d’« acte fort en faveur de la dignité humaine ».
Il a rappelé les avancées enregistrées par le Sénégal, notamment l’adoption du projet de loi de ratification du Traité de Marrakech, destiné à faciliter l’accès des personnes aveugles et malvoyantes aux livres et à la connaissance.
Selon lui, les textes juridiques doivent désormais se traduire dans les pratiques quotidiennes des services publics.
« Le langage des signes est le langage de la citoyenneté, de la dignité et de l’égalité », a-t-il déclaré, plaidant pour que chaque ministère, collectivité territoriale et établissement public intègre pleinement la dimension du handicap dans ses politiques et son fonctionnement.
Pour la présidente de la FSAPH, Mme Khady Ba, les chiffres du RGPH-5 montrent que le handicap n’est plus une question marginale mais une priorité nationale.
Elle a dénoncé les difficultés rencontrées par les femmes handicapées lorsqu’elles cherchent à accéder à la justice ou aux services de santé, faute d’interprètes en langue des signes ou de dispositifs adaptés.
Elle a appelé à l’application effective de la Loi d’orientation sociale, au renforcement de l’accessibilité des services publics et à une participation systématique des organisations de personnes handicapées à l’élaboration des politiques publiques, conformément au principe : « Rien sur nous sans nous ».
La représentante d’ONU Femmes a réaffirmé le soutien de son organisation aux efforts du gouvernement sénégalais pour lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles handicapées.
Elle a insisté sur la nécessité de développer des services plus inclusifs, accessibles et respectueux des droits humains afin que chaque victime, quelle que soit sa situation de handicap, puisse accéder à la protection, à la justice et à une prise en charge adaptée.
Au terme de cette session, les participants devront maîtriser les bases du langage des signes, mieux connaître les droits des personnes handicapées ainsi que les protocoles multisectoriels de prise en charge. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté des autorités de bâtir une société plus inclusive, où aucune victime de violence ne sera laissée de côté.
Moussa Diba










