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Hivernage 2026 : Dr Cheikh Tidiane Dièye annonce une évaluation exhaustive et un plan de résilience sur 15 ans

Face à la presse ce jeudi 15 octobre 2026, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a présenté un point d’étape sur la gestion de l’hivernage. Entre bilan humain, interventions d’urgence, investissements préventifs et nouvelles orientations stratégiques, le gouvernement entend tirer les enseignements des fortes pluies, notamment à Dakar, où plusieurs quartiers ont été durement affectés. Une évaluation exhaustive est annoncée avant la fin de l’année.

Le gouvernement sénégalais entend renforcer son dispositif de prévention et de gestion des inondations à la lumière des événements pluvieux de l’hivernage 2026. Lors d’un point de presse organisé ce jeudi 15 octobre, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, est revenu sur les interventions menées, les moyens mobilisés et les mesures envisagées pour améliorer la réponse aux risques d’inondation.

D’emblée, le ministre a tenu à préciser que cette rencontre ne constituait pas un bilan définitif, l’hivernage n’étant pas encore terminé. Il s’agissait plutôt, selon lui, d’un exercice de transparence destiné à informer les citoyens, à présenter les résultats obtenus et à reconnaître les difficultés rencontrées.

« Il y a des acquis et des réussites, mais il nous faut également reconnaître avec lucidité et responsabilité les dysfonctionnements constatés », a-t-il souligné, annonçant une évaluation exhaustive et rigoureuse de la gestion de l’hivernage avant la fin de l’année 2026

.Les fortes précipitations enregistrées ces dernières semaines ont lourdement affecté plusieurs localités du pays. Selon les chiffres présentés par le ministre, elles ont causé cinq décès, dont quatre dans la région de Dakar, ainsi que des blessures et d’importants dégâts matériels.

Les pluies ont également provoqué des coupures de routes, des perturbations majeures de la circulation et des difficultés dans la fourniture d’eau et d’électricité. La journée du lundi 5 octobre a particulièrement été marquée par les conséquences des précipitations enregistrées la veille.

Dans la capitale, plusieurs zones ont été touchées, notamment Front de Terre, Yoff, la Zone de Captage, la Cité Bellevue, les Parcelles Assainies et certains quartiers de Keur Massar. Des infrastructures ont été mises à rude épreuve, tandis que des stations affectées par les eaux ont dû interrompre temporairement leurs activités pour permettre le nettoyage et la remise en état des équipements.

Au nom du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, du Premier ministre et de l’ensemble du gouvernement, Cheikh Tidiane Dièye a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. Il a également exprimé sa compassion aux sinistrés et sa solidarité envers les populations confrontées aux difficultés de déplacement et aux pertes matérielles.

Sur le plan météorologique, les quantités de pluie enregistrées entre la fin du mois d’août et le 10 octobre illustrent l’intensité de cet épisode pluvieux. Dans plusieurs localités du pays, les précipitations ont atteint entre 60 et 100 millimètres, tandis que certaines zones de Dakar ont enregistré des hauteurs comprises entre 100 et 150 millimètres

.Le ministre a notamment évoqué des cumuls de 137,5 millimètres à Yoff, 142 millimètres à d’autres points de mesure de la capitale et environ 141 millimètres dans certains secteurs de Dakar. Il a présenté cet épisode comme l’un des plus importants enregistrés dans la capitale depuis plusieurs décennies, particulièrement pour un mois d’octobre.

À l’intérieur du pays, plusieurs localités ont également connu des précipitations significatives. À Kédougou, les cumuls ont dépassé 200 millimètres sur la période considérée, tandis que certaines stations ont enregistré des épisodes journaliers particulièrement intenses.

Ces données, selon le ministre, témoignent de l’ampleur des contraintes auxquelles les dispositifs d’assainissement et d’évacuation des eaux ont été confrontés.

Face à la situation, les autorités ont déclenché un dispositif de réponse coordonné dès les premières heures suivant les pluies du dimanche 4 octobre. Sur instruction du président de la République, le Premier ministre a convoqué, le lundi 5 octobre, une réunion d’urgence à la Primature afin d’évaluer les besoins, de définir les priorités et de répartir les responsabilités entre les différentes structures opérationnelles.

Les équipes de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS), de la Direction de la prévention et de la gestion des inondations, du génie militaire et des autorités territoriales ont été mobilisées pour évacuer les eaux, dégager les axes de circulation et intervenir dans les habitations touchées

.Le dispositif a également bénéficié de l’appui des acteurs communautaires, chargés notamment d’accompagner les opérations d’évacuation des eaux dans les concessions.

Lors de ses visites de terrain, le ministre affirme avoir vérifié l’installation des équipements et l’exécution des mesures décidées. Les interventions ont porté sur les quartiers les plus affectés, avec un accent particulier sur le pompage, le curage des ouvrages et la remise en circulation des voies encombrées par les eaux.

Pour répondre aux urgences, plusieurs équipements et produits de première nécessité ont été mobilisés. Le ministre a notamment fait état de la mobilisation de 69 motopompes de moyenne et grande capacité, de 20 électropompes et de 6 500 mètres linéaires de tuyaux.

Des équipes communautaires ont également été déployées afin de faciliter l’évacuation des eaux jusque dans les concessions. En parallèle, des moyens supplémentaires ont été sollicités pour renforcer les interventions à Dakar et dans les autres régions touchées

.Le dispositif de soutien aux sinistrés a également intégré des produits de première nécessité, notamment des matelas, des moustiquaires et des couvertures, afin d’accompagner les familles les plus vulnérables.

Le ministre a insisté sur la nécessité de concilier la rapidité des interventions avec le respect des procédures de passation des marchés publics. L’urgence, a-t-il expliqué, ne saurait justifier un contournement des règles de transparence et de contrôle.

Au-delà de la réponse d’urgence, Cheikh Tidiane Dièye a défendu les efforts engagés en amont de la saison des pluies. Selon les chiffres présentés, 594 kilomètres de réseaux d’assainissement ont fait l’objet d’opérations de curage, tandis que 547 ouvrages et sites ont bénéficié d’interventions destinées à restaurer leur capacité de stockage et d’évacuation des eaux

.Le ministre a également évoqué le pompage de plus de 800 000 mètres cubes d’eau provenant des nappes phréatiques avant l’arrivée des pluies, dans le cadre des opérations de rabattement menées dans les zones les plus exposées

.Dans la région de Dakar, plusieurs infrastructures ont fait l’objet de travaux de renforcement. À la Zone de Captage, la capacité de pompage a été consolidée, tandis que d’autres ouvrages ont été modernisés afin d’accélérer l’évacuation des eaux.

À l’unité 24 des Parcelles Assainies, deux pompes d’une capacité cumulée de 500 mètres cubes avaient été remplacées par des équipements permettant d’atteindre plus de 1 400 mètres cubes, selon les données communiquées par le ministre. La conduite de refoulement a également été dédoublée.

À Yarakh et dans d’autres secteurs de la capitale, des travaux de drainage ont été réalisés pour améliorer l’écoulement des eaux. À Touba, des ouvrages de drainage et des dispositifs de rabattement de la nappe phréatique ont contribué, selon le ministre, à réduire les difficultés rencontrées dans certaines zones lors des précédents hivernages.

Ces réalisations n’ont toutefois pas empêché les inondations dans plusieurs quartiers de Dakar, confrontés à des précipitations particulièrement intenses.

Le ministre a également fait le point sur la situation hydrologique. Selon les données présentées, les niveaux du fleuve Sénégal demeurent globalement inférieurs à ceux observés à la même période en 2025. Aucune des stations de suivi évoquées n’avait atteint la cote d’alerte au moment du point de presse.

Sur le fleuve Gambie, certaines stations enregistrent une baisse des niveaux, tandis que d’autres connaissent encore une montée des eaux. Cette situation justifie, selon Cheikh Tidiane Dièye, le maintien d’une vigilance renforcée.

Le ministre a par ailleurs évoqué le risque de lâchers d’eau depuis le barrage de Manantali, dont le niveau se rapproche de la cote nationale d’exploitation. Les autorités administratives et territoriales ont été informées afin de prendre les dispositions nécessaires et de sensibiliser les communautés riveraines.

Tout en appelant à la prudence, il a assuré que les services compétents resteraient mobilisés jusqu’à la fin du mois d’octobre, compte tenu de l’incertitude des phénomènes météorologiques et hydrologiques.

Dans le cadre du dispositif d’alerte et d’intervention, le ministère a rappelé l’existence du numéro vert 2850, destiné aux populations confrontées à des problèmes d’inondation. Cette plateforme fonctionne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, selon les informations communiquées.

Depuis le début de l’hivernage, 1 365 appels et signalements auraient été enregistrés dans 12 des 14 régions du Sénégal. Le ministre a fait état d’un taux de résolution global proche de 80 %, avec un taux d’environ 75 % pour la région de Dakar.

Ces signalements permettent aux équipes opérationnelles d’identifier les zones nécessitant une intervention et d’orienter les moyens disponibles en fonction des urgences.

Pour le gouvernement, les épisodes pluvieux de 2026 confirment la nécessité de dépasser la seule gestion des urgences. Cheikh Tidiane Dièye a annoncé la poursuite de la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie de gestion intégrée du risque d’inondation, destinée à mieux coordonner les interventions des différentes structures publiques et à renforcer durablement la résilience des territoires.

Cette stratégie doit être déployée dans le cadre d’un programme de renforcement de la résilience face aux inondations au Sénégal, sur un horizon de quinze ans. Elle prévoit une articulation entre les travaux d’assainissement, les infrastructures de drainage, les dispositifs d’alerte précoce, la production de données et la mobilisation des collectivités territoriales et des communautés.

Le financement envisagé repose sur plusieurs sources, notamment le budget de l’État, les partenaires multilatéraux et bilatéraux ainsi que les mécanismes de financement climatique. Le ministre a évoqué un programme global estimé à environ 921 milliards de francs CFA, dont la mobilisation devra s’inscrire dans la durée.

L’objectif est de consolider les réalisations existantes, de poursuivre les chantiers en cours et de programmer les investissements nécessaires sur plusieurs années, plutôt que de limiter les interventions à des réponses ponctuelles après chaque épisode pluvieux.

En conclusion, Cheikh Tidiane Dièye a rappelé que l’hivernage 2026 mettait en évidence à la fois les progrès accomplis et les limites persistantes des dispositifs de prévention, particulièrement dans la région de Dakar.

Si les interventions préventives ont permis d’améliorer la situation dans certaines localités, les conséquences des fortes pluies dans la capitale soulignent l’ampleur des défis qui restent à relever.

Le ministre a ainsi réaffirmé l’engagement du gouvernement à poursuivre les interventions, à maintenir la vigilance et à tirer toutes les leçons de cette saison des pluies.

L’évaluation annoncée avant la fin de l’année devra permettre d’identifier les insuffisances, de mesurer l’efficacité des actions menées et de renforcer les mécanismes de prévention et de gestion des inondations. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de transformer les enseignements de l’hivernage 2026 en actions durables, afin de mieux protéger les populations et leurs biens face à des épisodes pluvieux de plus en plus difficiles à anticiper.

Moussa Diba

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