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Handicap et langage des signes : le ministère de la Famille et ONU Femmes forment les acteurs de première ligne

Cet atelier vise à améliorer l’accueil, l’orientation et la prise en charge des personnes handicapées, en particulier des femmes et des filles victimes de violences basées sur le genre (VBG), en dotant les professionnels des compétences nécessaires pour offrir des services plus accessibles et inclusifs.

La rencontre a réuni des représentants des secteurs de la sécurité, de la santé, de la justice, de la communication et de l’action sociale, aux niveaux central et local. Elle s’est déroulée en présence de la directrice de la Famille, Dr Rokhaya Diakhaté, représentant la ministre Marie Angélique Sarr Diouf, ainsi que de la représentante d’ONU Femmes au Sénégal, Mme Aida Guèye Seydi etc…

Les travaux se sont appuyés sur les données du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) de 2023, qui révèlent une augmentation de la prévalence du handicap au Sénégal, passée de 5,9 % en 2013 à 7,3 % en 2023. Les statistiques montrent également une proportion plus élevée chez les femmes (7,76 % contre 6,68 % chez les hommes), tandis que les régions de Saint-Louis (9,7 %) et Ziguinchor (9,8 %) enregistrent les taux les plus importants.

En prenant la parole, Mme Aida Guèye Seydi a salué l’engagement du Gouvernement du Sénégal en faveur des droits des femmes, des filles et des personnes handicapées. Elle a rappelé que les femmes et les filles handicapées, notamment celles vivant avec une déficience auditive, subissent des discriminations multiples qui limitent leur accès à l’information, aux soins de santé, à la justice, à l’accompagnement psychosocial et aux mécanismes de protection.

Selon elle, cette formation répond à un besoin crucial en renforçant les compétences des acteurs de première ligne sur les droits des personnes handicapées, les cadres juridiques applicables et les bases du langage des signes. L’objectif est de rendre les services publics plus accessibles, plus humains et mieux adaptés aux besoins des survivantes de violences basées sur le genre.

La représentante d’ONU Femmes a réaffirmé que l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles ne peut être effective sans une approche pleinement inclusive, garantissant à chaque femme, indépendamment de son handicap, de son âge ou de son lieu de résidence, un accès équitable à la prévention, à la protection, à la justice et à des services de qualité.

Elle a également souligné que le projet Kaarangue traduit l’engagement d’ONU Femmes à accompagner les efforts nationaux dans la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre, en s’appuyant sur les principes des droits humains, de l’égalité de genre, de l’inclusion et du principe de « ne laisser personne de côté ».

Mme Seydi a exprimé la reconnaissance d’ONU Femmes envers Affaires mondiales Canada, dont le soutien financier et stratégique permet la mise en œuvre du projet, contribuant ainsi au développement de réponses inclusives, accessibles et durables face aux violences faites aux femmes et aux filles.
Insistant sur la portée pratique de cette session de formation, elle a rappelé que cet atelier constitue également un espace de dialogue et de réflexion destiné à améliorer les pratiques professionnelles. Les connaissances acquises devront se traduire par un accueil plus inclusif, une meilleure orientation des survivantes et une prise en charge respectueuse de leur dignité.

En clôturant son intervention, la représentante d’ONU Femmes a renouvelé ses remerciements à la Direction de la Famille pour son leadership et son partenariat stratégique, tout en souhaitant que ces trois jours de travaux débouchent sur des engagements concrets en faveur des femmes et des filles handicapées, particulièrement celles victimes de violences.

À travers le projet Kaarangue, ONU Femmes entend ainsi accompagner durablement les efforts du Sénégal pour prévenir les violences basées sur le genre, renforcer les capacités des professionnels et promouvoir des services publics plus accessibles, inclusifs et respectueux des droits humains.

Au terme de cet atelier, les organisateurs espèrent que les acteurs des secteurs de la sécurité, de la santé, de la justice et de l’action sociale maîtriseront les bases du langage des signes, les principes des droits des personnes handicapées ainsi que les protocoles d’accueil multisectoriels, afin de garantir une prise en charge plus inclusive des victimes de violences et de contribuer à réduire leur invisibilité sociale

Moussa Diba

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