
Organisé par l’organisation Actions Citoyennes sur le Climat (ACC), en partenariat avec plusieurs acteurs techniques et financiers, ce rendez-vous majeur, placé sous le thème « Transition écologique, finance verte, sécurité alimentaire, pastoralisme et gouvernance climatique : quels défis pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre ? », a mobilisé plus de 500 participants issus des institutions publiques, du secteur privé, du monde académique, des ONG et de la société civile.
Dans un contexte de crise climatique accrue, les intervenants ont unanimement alerté sur la convergence de défis majeurs dans la sous-région : dégradation des ressources naturelles, perte de biodiversité, insécurité alimentaire et vulnérabilité croissante du pastoralisme.
Prenant la parole, Mme Khady Camara a insisté sur la dimension humaine et inégalitaire de la crise climatique. Se définissant comme écoféministe, elle a souligné le lien étroit entre exploitation de la nature et oppression des femmes, appelant à repenser en profondeur les modèles économiques dominants.
« La transition écologique n’est pas une option, elle est une nécessité. Mais elle doit être juste et inclusive », a-t-elle déclaré, dénonçant les limites d’un système économique qu’elle qualifie de « patriarcal et capitaliste », à l’origine selon elle de nombreuses dérives environnementales.
Elle a également mis en lumière les conséquences concrètes du dérèglement climatique sur les populations : agriculteurs privés de récoltes, éleveurs confrontés à la disparition des pâturages, familles plongées dans l’insécurité alimentaire. Dans ce contexte, elle a plaidé pour la valorisation du pastoralisme et des savoirs ancestraux, considérés comme des leviers de résilience.
Abordant la question de la finance verte, Mme Camara a déploré l’inaccessibilité des financements climatiques pour les acteurs locaux, notamment les jeunes et les femmes. Elle a ainsi appelé à une démocratisation des ressources et à un soutien accru aux initiatives africaines, en particulier dans les domaines de l’agroécologie, des circuits courts et de l’agriculture durable.
Pour elle, aucune transformation durable ne saurait se faire sans une gouvernance climatique forte, inclusive et transparente. Elle a insisté sur le rôle central de la jeunesse et des femmes, qu’elle considère comme des acteurs incontournables du changement.
En conclusion, la présidente de l’Association Vacances Vertes a lancé un appel à l’action collective, invitant décideurs, investisseurs, jeunes et femmes à s’engager pleinement pour bâtir une Afrique résiliente, équitable et durable.
« L’Afrique ne doit pas subir la transition écologique. Elle doit la diriger, l’inventer et l’adapter à ses réalités », a-t-elle conclu, soulignant l’urgence de donner toute sa place à l’engagement féminin dans la préservation et la transformation durable des économies africaines.
Moussa Diba










