La cérémonie a été présidée par Ange Constance Mancabou, représentant du ministre des Finances et du Budget Cheikh Diba, en présence de Amar Kébé, président de la Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances (FSSA), et de Mamadou Dème, directeur des Assurances, ainsi que de nombreuses personnalités du monde des assurances.
Dans son allocution, le représentant du ministre a salué le choix porté sur le Sénégal pour accueillir cette rencontre d’envergure, y voyant une marque de confiance envers le marché national et son dispositif de régulation. Il a souligné que ce séminaire constitue une étape préparatoire importante au rendez-vous 2026 de l’IAIS pour l’Afrique subsaharienne.
Abordant les grandes mutations du secteur, il a mis en exergue les impacts des innovations technologiques, des évolutions démographiques et des changements climatiques. Selon lui, ces transformations imposent une adaptation stratégique des acteurs, appelant à un rôle renforcé des régulateurs pour accompagner l’innovation tout en garantissant la protection des consommateurs et la stabilité du système.
Il a également insisté sur l’urgence d’intégrer les enjeux climatiques dans les politiques assurantielles, rappelant que les catastrophes naturelles pèsent lourdement sur les économies africaines. À ce titre, il a cité des initiatives nationales telles que l’assurance agricole indexée, portée par la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal (CNAS), ainsi que les mécanismes africains de mutualisation des risques climatiques.
Autre défi majeur évoqué : la faible pénétration de l’assurance en Afrique. Le représentant du ministre a plaidé pour des solutions innovantes, inclusives et adaptées aux réalités locales afin d’élargir l’accès aux services assurantiels.
Prenant la parole au nom du secteur privé, Amar Kébé a mis en lumière le paradoxe d’un secteur à fort potentiel mais encore peu développé. Il a souligné que l’assurance en Afrique reste confrontée à des défis d’accessibilité, de distribution et de compréhension par les populations.
Insistant sur la notion de confiance, il a rappelé que l’assurance repose avant tout sur une promesse envers les assurés. Il a ainsi appelé à une transformation profonde du secteur, axée sur la transparence, la qualité de service et une meilleure expérience client.
Face aux mutations en cours, il a plaidé pour une modernisation des modèles, une accélération de la digitalisation, un investissement accru dans les compétences et une collaboration renforcée avec les régulateurs afin de créer un environnement propice à l’innovation.
De son côté, Mamadou Dème a souligné l’importance de cette rencontre, une première en Afrique subsaharienne réunissant 24 juridictions issues des espaces francophone, anglophone et lusophone. Il a précisé que les travaux visent à anticiper l’évolution du métier de contrôleur d’assurance dans un contexte de mutations globales.
Il a notamment insisté sur la nécessité d’élargir l’assurance aux populations rurales et au secteur informel, à travers des produits adaptés, accessibles et distribués via des canaux innovants, notamment digitaux. Il a également mis en avant les progrès du Sénégal en matière d’assurance agricole, avec près de 830 000 assurés, positionnant le pays comme un modèle dans la sous-région.
Au terme de cette cérémonie, les participants ont réaffirmé leur engagement à faire de l’assurance un levier de résilience économique, d’inclusion financière et de développement durable en Afrique. Ce séminaire régional se positionne ainsi comme un cadre de réflexion stratégique pour construire un secteur plus robuste, innovant et inclusif.
Moussa Diba







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