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Affaire Mariama Ba, Otra Africa plaide pour la cohésion sociale et la défense des Sénégalais détenus à l’étranger

L’Organisation internationale Otra Africa a fait face à la presse pour alerter l’opinion publique sur la situation des étrangers vivant au Sénégal, les tensions communautaires sur les réseaux sociaux et le sort de Sénégalais détenus à l’étranger. Lors de cette rencontre, son directeur exécutif, Souleymane Diallo, a appelé au respect des droits fondamentaux, à la préservation de la cohésion sociale et à une mobilisation diplomatique en faveur de compatriotes confrontés à des difficultés judiciaires en Arabie saoudite et aux États-Unis.

Présidant cette conférence de presse, le directeur exécutif d’Otra Africa, Souleymane Diallo, est revenu sur l’affaire Mariama Ba, alias Noura, dont la situation suscite de nombreuses réactions. Selon les informations communiquées par l’organisation, cette dernière était en garde à vue depuis le vendredi soir, sur instruction du parquet, dans l’attente d’une décision des autorités judiciaires.

Face aux accusations relayées sur les réseaux sociaux, M. Diallo a appelé à la prudence et à la vérification des faits. Il a notamment contesté l’existence de preuves audiovisuelles établissant les propos injurieux attribués à Mariama Ba à l’encontre de l’institution présidentielle ou d’un khalife général. Pour lui, il est essentiel que les éléments disponibles soient examinés avec rigueur afin d’éviter les accusations infondées et les jugements précipités.

Au-delà de cette affaire, Otra Africa s’est inquiétée de la multiplication des discours visant la communauté peule du Fouta, notamment les ressortissants guinéens vivant au Sénégal. L’organisation a mis en garde contre les amalgames susceptibles de transformer une situation individuelle en une opposition entre communautés ou entre le Sénégal et la Guinée.

Souleymane Diallo a rappelé que les questions liées à l’état civil et à la reconnaissance des documents administratifs doivent être traitées conformément aux lois de la République, dans le respect des droits de chacun. Elles ne sauraient, selon lui, servir de prétexte à la stigmatisation d’une communauté entière.

L’organisation a également dénoncé des actes présumés d’agressions physiques, des attaques verbales et des atteintes au droit à l’image visant des boutiques et des commerces appartenant à des personnes issues de la communauté peule du Fouta, notamment des ressortissants guinéens.

Face à ces faits, Otra Africa appelle les autorités policières et judiciaires à mener des enquêtes rigoureuses et à assurer le suivi des plaintes déposées par différentes associations. Elle demande également à l’État du Sénégal de garantir la sécurité des personnes et de leurs biens, tout en réprimant les actes de violence, de discrimination et de justice populaire.

L’organisation a, par ailleurs, invité les médias, les journalistes, les influenceurs et les utilisateurs des réseaux sociaux à faire preuve de responsabilité dans le traitement de cette affaire. Elle exhorte également les membres de la communauté peule du Fouta à ne pas céder aux provocations et à privilégier la retenue et la sérénité.

« Le Sénégal est une terre de paix, de solidarité et de coexistence entre les peuples », a rappelé l’organisation, qui estime que la préservation de cet héritage repose sur le respect de la dignité humaine, des institutions républicaines et des procédures judiciaires.

La conférence de presse a également été consacrée à la situation de deux Sénégalais détenus à l’étranger : Mbayang Diop, emprisonnée en Arabie saoudite, et Modou Ngom, détenu aux États-Unis.

Sur ces deux dossiers, Souleymane Diallo a lancé un appel à la solidarité nationale et à l’engagement diplomatique. Il a notamment invité les personnes disposant de relations et de contacts en Arabie saoudite à contribuer aux démarches susceptibles de faire avancer le dossier de Mbayang Diop et à plaider en faveur de sa situation.

Concernant Modou Ngom, le responsable d’Otra Africa a insisté sur la nécessité d’un accompagnement juridique adapté, notamment par le recours à un avocat pénaliste capable de l’assister face au système judiciaire américain. Il a appelé la communauté sénégalaise à se mobiliser afin que le compatriote détenu puisse bénéficier d’une défense appropriée.

À travers ces appels, Otra Africa entend encourager une mobilisation dépassant les clivages et les appartenances, en faveur de Sénégalais confrontés à des procédures judiciaires à l’étranger. L’organisation plaide pour une action concertée entre les autorités diplomatiques, les acteurs de la société civile et les personnes susceptibles de contribuer à leur accompagnement.

En conclusion, Otra Africa a réaffirmé son engagement en faveur de la défense des droits humains, de la protection des migrants, de la lutte contre les discriminations et du renforcement de la cohésion sociale. Elle demande que la lumière soit faite sur les différentes affaires évoquées, dans le respect de la présomption d’innocence et sans amalgame entre les responsabilités individuelles et l’identité des communautés..

M.Diba

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