
Les proches et le collectif de défense de Mahmadane Sarr, directeur général de Lansar Auto, ont tenu ce mercredi 23 septembre 2026 une conférence de presse pour faire le point sur la procédure judiciaire visant le chef d’entreprise. Au centre de leurs préoccupations : le sort des véhicules saisis dans le cadre du dossier, notamment les 27 véhicules présentés comme ayant été acquis par la Primature auprès de l’ONRAC, ainsi que dix autres véhicules dont le collectif dit ne pas retrouver la trace. Les proches du prévenu demandent la publication des procès-verbaux des opérations et sollicitent de nouvelles investigations sur les conditions de cession et d’immatriculation de ces véhicules.
Selon le collectif, Dane Sarr est placé sous mandat de dépôt depuis le 13 janvier 2025 dans le cadre d’une procédure portant notamment sur des accusations d’association de malfaiteurs, d’escroquerie sur les deniers publics pour un montant provisoire de 13,610 milliards de francs CFA, de faux et usage de faux en écriture publique et privée de commerce ou de banque, ainsi que de blanchiment de capitaux. Ces accusations sont contestées par l’intéressé et ses conseils.
Prenant la parole au nom des proches de Dane Sarr, Gorgui Dia a expliqué que cette conférence de presse faisait suite à une précédente sortie consacrée aux 27 véhicules de Lansar Auto acquis par la Primature.
Selon les éléments présentés par Gorgui Dia, l’ONRAC aurait officiellement saisi 88 véhicules de Lansar Auto. Le collectif porte toutefois ce nombre à 97 en intégrant notamment 21 véhicules appartenant à la Direction du Matériel et du Transit Administratif (DMTA), dans le cadre d’une commande globale de 30 véhicules évaluée à 554,010 millions de francs CFA.
Le collectif affirme que l’ONRAC a organisé trois ventes aux enchères. La première, le 8 mai 2025, aurait porté sur 14 véhicules pour un montant de 513,5 millions de francs CFA, contre une valeur estimée par le collectif à 814 millions. La deuxième, le 18 septembre 2025, aurait concerné 10 véhicules vendus pour 262 millions de francs CFA, alors que leur valeur réelle aurait été de 459 millions. Enfin, six véhicules auraient été vendus le 31 mars 2026 pour 161 millions de francs CFA, contre une valeur estimée à 241 millions.
Au total, selon les chiffres communiqués, 30 véhicules auraient ainsi été vendus aux enchères pour 936,5 millions de francs CFA, alors que leur valeur estimée atteindrait 1,514 milliard de francs CFA.
Le collectif estime dès lors qu’après ces ventes, la restitution de 21 véhicules à la DMTA et la cession de 27 véhicules à la Primature, dix véhicules resteraient introuvables.
C’est précisément sur ces 27 véhicules que les proches de Dane Sarr concentrent désormais leurs interrogations.
Gorgui Dia affirme que les investigations menées par le collectif ont permis de constater que 17 véhicules auraient été immatriculés au nom de l’administration, tandis que dix autres auraient été immatriculés au nom de personnes physiques ou morales.
Le collectif demande ainsi à l’ONRAC de communiquer l’ensemble des procès-verbaux relatifs aux opérations de vente et de cession des véhicules afin, selon ses membres, de permettre de vérifier précisément leur destination et d’éviter toute conclusion erronée.
Au-delà du décompte des véhicules, les proches de Dane Sarr contestent également la régularité de la transaction entre l’ONRAC et la Primature.
Selon eux, les véhicules saisis puis cédés dans le cadre de procédures pénales seraient juridiquement considérés comme des biens d’occasion. Ils estiment que les règles applicables à la commande publique et à l’acquisition de véhicules par les administrations soulèvent, dans ce cas, une question de compatibilité réglementaire.
« Nous contestons la légalité de l’opération entre l’ONRAC et la Primature et demandons aux autorités compétentes de tout mettre en œuvre pour éclairer l’opinion », a déclaré Gorgui Dia.
Le collectif appelle également les journalistes, les enquêteurs et les organisations de défense des droits humains à approfondir leurs investigations sur le dossier.
En clôture de son intervention, Gorgui Dia est revenu sur la situation judiciaire de Dane Sarr. Il a estimé que celui-ci présente, selon ses proches, des garanties de représentation et devrait, à défaut d’un non-lieu, pouvoir bénéficier d’une liberté provisoire.
Le collectif affirme vouloir poursuivre ses démarches et annonce de nouvelles communications publiques sur le dossier. Il demande notamment que toute la lumière soit faite sur le devenir des véhicules saisis, les conditions de leur cession et leur immatriculation.
Les différentes affirmations avancées lors de cette conférence de presse relèvent, à ce stade, de la position du collectif de défense et devront être confrontées aux documents officiels ainsi qu’aux explications des autorités et organismes concernés.
Moussa Diba










