Le Ghana a procédé à l’évacuation de 1 964 de ses ressortissants vivant en Afrique du Sud, à la suite de la dégradation de la situation sécuritaire et d’une vague d’attaques xénophobes visant les étrangers. L’annonce a été faite le lundi 7 septembre 2026 par le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa.
L’opération de rapatriement, lancée le 27 mai et achevée le 4 septembre 2026, a été menée au moyen de vols affrétés et de vols commerciaux. Selon le chef de la diplomatie ghanéenne, cette décision répondait à la nécessité de protéger les ressortissants ghanéens face à la montée des tensions et aux risques croissants pour leur sécurité.
Lors d’un point de presse, Samuel Okudzeto Ablakwa a indiqué que le Ghana avait été le premier pays à organiser l’évacuation de ses ressortissants en réaction à cette situation. Le premier vol, parti le 27 mai, avait donné la priorité aux personnes les plus vulnérables, notamment les enfants, les femmes, les personnes âgées et les malades
.La mission a été coordonnée par le ministère des Affaires étrangères, en collaboration avec le Haut-Commissariat du Ghana à Pretoria, avec l’appui de la présidence, du Secrétariat à la sécurité nationale et des ministères et organismes publics concernés.
Le ministre a précisé que cette opération n’avait pas été prévue dans le budget initial de l’État, son déclenchement ayant été rendu nécessaire par l’évolution imprévue de la situation sécuritaire. Malgré les contraintes financières, les autorités ont choisi de privilégier la protection des citoyens ghanéens.
Le coût total de l’opération est estimé à 49,72 millions de cedis ghanéens (GH¢). Cette enveloppe couvre notamment les vols, le transport, l’hébergement, la restauration, les soins médicaux, l’accompagnement à la réintégration ainsi que le rapatriement des dépouilles de deux Ghanéens décédés pendant la crise.
Sur ce montant, l’État ghanéen a pris en charge 33,72 millions de cedis, tandis que l’homme d’affaires Ibrahim Mahama, à travers son entreprise Engineers and Planners, a contribué à hauteur de 16 millions de cedis
.Au-delà du retour au pays, les autorités ghanéennes ont également prévu un dispositif d’accompagnement pour faciliter la réintégration des personnes évacuées. Chacun des 1 964 rapatriés a ainsi reçu une aide de 5 000 cedis pour sa réintégration, ainsi qu’une allocation de 500 cedis destinée à couvrir les frais de transport
.À travers cette opération, Accra entend réaffirmer son engagement à protéger ses ressortissants à l’étranger et à intervenir lorsque leur sécurité et leur bien-être sont menacés.
Cette évacuation met en lumière les conséquences humaines et diplomatiques des violences xénophobes en Afrique du Sud, ainsi que les défis auxquels les États sont confrontés pour assurer la protection de leurs citoyens vivant hors de leurs frontières
.Source : MyJoyOnline, Emma Ankrah, 7 septembre 2026









