
À l’occasion de la Journée mondiale pour le travail décent, célébrée ce mercredi 7 octobre 2026, le Comité national des jeunes travailleurs (CNJT) de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS) a placé les jeunes travailleuses et travailleurs au cœur de la réflexion, autour du thème : « L’organisation des jeunes travailleurs et travailleuses pour l’avenir ».
Cette journée vise notamment à renforcer l’organisation, la représentation et la capacité d’action collective des jeunes travailleurs, aussi bien dans les secteurs formel qu’informel. Elle entend également mettre en lumière les difficultés liées au chômage, à la précarité, aux faibles revenus, à l’accès à la protection sociale et aux conditions de travail, tout en plaidant pour des emplois décents, des salaires permettant de vivre dignement et un renforcement de la sécurité au travail.
La Journée mondiale pour le travail décent constitue chaque année un temps fort du mouvement syndical international pour promouvoir les droits fondamentaux au travail, la justice sociale, l’égalité, la protection sociale et l’accès à un emploi décent pour toutes et tous.
Au Sénégal, la problématique revêt une importance particulière. Selon les données du RGPH-5 de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’emploi informel occupe une place prépondérante dans le marché du travail. La situation des jeunes demeure également préoccupante.
D’après l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal (ENES), au quatrième trimestre 2025, le taux de chômage élargi des jeunes s’établissait à 27,4 %, contre 23,3 % au niveau national. Par ailleurs, 33,5 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient en situation de NEET, c’est-à-dire ni en emploi, ni en études, ni en formation. Cette proportion atteignait 43,2 % chez les jeunes femmes.
Face à cette situation, les syndicats insistent sur la nécessité de mieux organiser les jeunes travailleurs, notamment ceux évoluant dans l’économie informelle, les emplois précaires, les plateformes numériques ou confrontés à des difficultés d’insertion professionnelle.
Présidant la cérémonie d’ouverture, le secrétaire général de la CNTS, Mody Guiro, a rappelé l’importance de la Journée mondiale pour le travail décent, initiée par la Confédération syndicale internationale et soutenue par l’Organisation internationale du travail.
Selon lui, la mobilisation doit permettre de défendre des emplois de qualité, des salaires permettant aux travailleurs de vivre dignement, la sécurité et la protection de leurs droits.
Le responsable syndical a également appelé les jeunes à s’organiser et à renforcer leur participation au mouvement syndical. Il a souligné que les transformations actuelles du monde du travail , digitalisation, intelligence artificielle, économie des plateformes, changements climatiques et nouvelles formes d’emploi , doivent être appréhendées comme autant de défis, mais aussi comme des opportunités de création d’emplois et d’amélioration des conditions de travail.
Mody Guiro a ainsi invité les jeunes à se former, à s’organiser et à prendre davantage part aux décisions qui concernent leur avenir professionnel.
À travers son Programme J.E.U.N.E. (Jeunesse engagée pour l’Unité, la Nouveauté et l’Excellence), le CNJT entend justement renforcer les capacités des jeunes, développer leur participation syndicale, promouvoir l’emploi décent et accompagner les mutations du monde du travail.

Pour sa part, le président du CNJT, Serigne Massamba Ndiaye, a réaffirmé que le travail décent constitue « un droit, une exigence de dignité et une condition essentielle de la justice sociale ».
Il a évoqué les principaux défis auxquels les jeunes sont confrontés : chômage, précarité, informalité, difficultés d’accès à la formation et à l’emploi, mais aussi transformations liées au numérique et à l’intelligence artificielle.
« Un jeune travailleur isolé peut être vulnérable », a-t-il relevé, avant d’insister sur la force de l’organisation collective et de la syndicalisation pour permettre aux jeunes de connaître leurs droits, de les défendre et de participer au dialogue social.
Le président du CNJT a également plaidé pour des emplois décents, des revenus permettant de vivre dignement, la protection sociale, la sécurité et la santé au travail, le respect des libertés syndicales et l’égalité des chances.
Il a par ailleurs présenté le programme J.E.U.N.E., destiné à faire de la jeunesse une force syndicale responsable, innovante et engagée.Son message aux jeunes travailleurs se veut sans ambiguïté : « Je suis un travailleur, je veux un emploi, je connais mes droits, je m’organise et je m’engage pour l’avenir. »

Intervenant à son tour, Mamadou Mbodj a insisté sur la nécessité pour les jeunes de s’organiser face au chômage, à la précarité et aux mutations profondes du monde du travail.
Il a notamment évoqué les enjeux liés à la transformation numérique, à l’intelligence artificielle et à l’économie des plateformes. Pour lui, ces évolutions doivent être accompagnées afin qu’elles puissent bénéficier aux travailleurs plutôt que d’accentuer leur vulnérabilité.
Il a également mis en avant la nécessité de défendre la démocratie sur les lieux de travail et de renforcer la capacité des jeunes à faire entendre leur voix dans les espaces de décision.
La célébration de cette Journée mondiale pour le travail décent apparaît ainsi, pour le CNJT/CNTS, comme un moment de mobilisation, mais surtout comme une étape dans une dynamique plus large d’organisation et de formation des jeunes travailleurs.
Au-delà de la célébration, les responsables syndicaux appellent à des actions concrètes en faveur de l’emploi décent, de la protection sociale, de la formation professionnelle, de l’entrepreneuriat responsable et de l’accès aux emplois verts.
L’enjeu, selon eux, est de permettre à la jeunesse de ne plus être seulement spectatrice des transformations du monde du travail, mais de devenir pleinement actrice de la construction d’un avenir professionnel fondé sur la dignité, la justice sociale et le travail décent.
M.Diba













