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Semaine internationale des archives 2026 : la Direction des Archives du Sénégal plaide pour une modernisation et une meilleure reconnaissance du secteur

Dans son intervention, le directeur a rappelé que cette semaine internationale, instituée depuis 2008, vise à valoriser le rôle des archives et des archivistes dans la préservation de la mémoire collective. Au Sénégal, plusieurs activités ont marqué cette édition 2026, notamment la prestation de serment de 60 archivistes au Tribunal de Grande Instance de Dakar, ainsi qu’un atelier de formation réunissant 25 professionnels venus de différentes régions du pays autour des enjeux de sécurité documentaire, de protection des données et de cybersécurité.

Selon M. Diop, le thème retenu cette année revêt une importance particulière dans un contexte où les archives constituent un outil essentiel pour l’administration de la justice, la transparence de l’action publique, la reddition des comptes et l’exercice des droits des citoyens. « Les archives sont intimement liées à la recherche de la vérité et à la consolidation de l’État de droit », a-t-il souligné.

L’un des temps forts de cette célébration a été l’organisation d’une exposition patrimoniale inédite retraçant l’histoire des archives du Sénégal de 1913 à nos jours. Cette exposition met en lumière l’évolution des institutions archivistiques nationales ainsi que les documents qui témoignent de l’histoire politique, administrative et sociale du pays.

Le directeur des Archives du Sénégal a toutefois insisté sur les difficultés auxquelles le secteur reste confronté. Il a notamment déploré le manque de reconnaissance institutionnelle dont souffrent les archives, rappelant que le Sénégal ne dispose toujours pas, plus de six décennies après l’indépendance, d’une véritable Maison des Archives nationale. Depuis 2016, les services des archives sont installés dans des locaux loués, une situation qui engendre des coûts importants pour l’État.

« Les archives constituent la mémoire collective de la nation. Elles permettent de comprendre le passé, d’éclairer le présent et de préparer l’avenir », a-t-il affirmé, soulignant leur rôle fondamental dans la conservation du patrimoine documentaire et dans le travail des historiens, chercheurs, administrateurs et organes de contrôle.

Face aux risques de dégradation des fonds documentaires, la Direction des Archives a lancé un vaste programme de numérisation en partenariat avec Sénégal numérique.sa⁠. Ce projet vise à mettre en place une plateforme nationale d’archivage électronique permettant de sauvegarder les documents les plus fragiles, de faciliter l’accès à la recherche et d’améliorer la conservation des archives historiques, notamment celles de la période coloniale et de la Fédération du Mali.

Selon M. Diop, les travaux de développement de cette plateforme devraient être achevés avant la fin de l’année 2026. Un portail public est également prévu afin de permettre aux citoyens et aux chercheurs d’accéder aux archives communicables dans le respect des dispositions légales relatives à la protection de la vie privée et à la sûreté de l’État.

Parmi les autres chantiers prioritaires figure la réforme du cadre juridique des archives. La loi actuellement en vigueur datant de 2006, la Direction des Archives estime nécessaire son actualisation afin de mieux prendre en compte les enjeux du numérique, de l’archivage électronique et de la gouvernance documentaire moderne.

Le responsable a également plaidé pour une montée en puissance institutionnelle de la structure, souhaitant voir la Direction des Archives évoluer vers une direction générale ou un établissement public doté d’une plus grande autonomie administrative et financière, à l’image de plusieurs pays africains.

Enfin, il a lancé un appel aux autorités afin qu’elles accélèrent la concrétisation du projet de Maison des Archives du Sénégal, considéré comme un investissement stratégique pour la préservation de la mémoire nationale. « Nous avons élaboré les études conceptuelles nécessaires. Il reste désormais à identifier un site et à engager les étapes opérationnelles du projet », a-t-il conclu.

À travers cette édition 2026 de la Semaine internationale des archives, la Direction des Archives du Sénégal entend ainsi sensibiliser davantage les pouvoirs publics et les citoyens à l’importance de la préservation du patrimoine documentaire, tout en affirmant son ambition de faire des archives un levier essentiel de gouvernance, de transparence et de transmission de la mémoire nationale.

Moussa Diba

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