
Placée sous la présidence du BEPPP du Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, cette rencontre a réuni décideurs publics, experts, société civile et partenaires techniques autour du thème :
« Politiques de protection sociale au Sénégal : entre équité, soutenabilité et inclusion ».
Cette initiative intervient dans un contexte national marqué par une transition politique et une forte demande citoyenne de justice sociale, de transparence et de redevabilité. Les participants ont souligné que la protection sociale constitue aujourd’hui un levier stratégique pour réduire les inégalités, protéger les populations vulnérables et renforcer le contrat social.
Face à des contraintes économiques persistantes — pression budgétaire, endettement et besoins sociaux croissants — la question de la soutenabilité financière et de l’efficacité des politiques sociales s’impose avec acuité.
Au Sénégal, la protection sociale repose sur plusieurs mécanismes, notamment la Couverture Maladie Universelle (CMU), les Bourses de Sécurité Familiale (BSF) et divers programmes d’assistance sociale. Malgré ces avancées, le système reste confronté à des défis structurels :
● une couverture encore insuffisante,
● une forte segmentation entre secteurs formel et informel,
● des inégalités d’accès persistantes,
● une coordination limitée entre les acteurs.
Ces limites posent la question de la gouvernance, du ciblage des bénéficiaires et du financement durable des programmes.
Prenant la parole, Amadou Kanouté, directeur exécutif de CICODEV, a insisté sur la nécessité d’une approche globale et inclusive :
« La protection sociale doit couvrir l’individu de la naissance à la vieillesse, en intégrant les réalités des zones rurales et périurbaines. »
Il a également mis en avant l’importance des mécanismes communautaires :
« Les tontines, les AVEC et les initiatives locales doivent être intégrées dans les politiques publiques pour renforcer leur efficacité et leur ancrage. »
M. Kanouté a par ailleurs souligné le défi du financement, appelant à un engagement accru de l’État tout en valorisant les contributions des communautés.
De son côté, Cheikh Gueye, secrétaire général du réseau sénégalais de think tanks, a mis en avant l’importance d’un dialogue structuré entre les producteurs de connaissances et les décideurs publics :
« L’objectif est de construire des politiques publiques fondées sur les données et partagées par les populations. »
Cette table ronde s’inscrit ainsi dans une dynamique de dialogue État–société civile visant à améliorer la qualité, la pertinence et l’appropriation des politiques publiques.
Les travaux ont permis :
■ d’analyser l’état des lieux du système de protection sociale,
■ d’identifier les défis de gouvernance et de coordination,
■ d’évaluer les enjeux d’équité et d’inclusion,
■》de proposer des pistes de réforme adaptées au contexte national.
L’accent a été mis sur la nécessité d’un système plus transparent, mieux coordonné et financièrement soutenable.
Au terme des échanges, les participants ont convergé vers la nécessité de bâtir un nouveau pacte social, fondé sur :
● la solidarité nationale,
● la participation citoyenne,
● la responsabilité partagée,
● la transparence dans la gestion des ressources publiques.
Parmi les retombées attendues de cette rencontre :
■ une compréhension partagée des politiques de protection sociale,
■ un renforcement des capacités des acteurs,
■ une mobilisation accrue des parties prenantes,
■ des recommandations opérationnelles pour améliorer la gouvernance et l’efficacité du système.
En définitive, cette table ronde marque une étape importante dans la réflexion nationale sur la protection sociale, au moment où le Sénégal cherche à concilier équité sociale, inclusion et soutenabilité économique dans ses politiques publiques
Moussa Diba







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