

La cérémonie s’est tenue en présence du ministre de la Culture, Amadou Ba, du Secrétaire d’État chargé de la Culture, Bacary Sarr, du directeur du musée, le professeur Mouhamed Abdallah Ly, ainsi que de diplomates, d’acteurs culturels, de journalistes et de membres de la famille de l’artiste.
Cette exposition marque un tournant symbolique : celui du retour au Sénégal d’un patrimoine artistique longtemps visible à l’étranger mais peu accessible au public national. Près de trois décennies après sa dernière grande exposition dans son pays natal, Ousmane Sow retrouve enfin sa terre d’origine à travers une rétrospective d’envergure.
Connu à l’international, notamment pour son exposition spectaculaire sur le Pont des Arts à Paris en 1999, l’artiste sénégalais s’est imposé comme une référence mondiale, devenant le premier Africain élu à l’Académie des Beaux-Arts.
Placée sous le commissariat de Béatrice Soulé, l’exposition réunit une cinquantaine d’œuvres emblématiques retraçant les grandes séries de l’artiste : les Nouba, les Masaï, les Zoulou et les Peulh, ainsi que des hommages à des figures historiques comme Nelson Mandela, Victor Hugo ou Toussaint Louverture.
À travers ces sculptures monumentales, Ousmane Sow explore la dignité humaine, la mémoire des peuples et les luttes universelles, dans une approche mêlant art, histoire et anthropologie.
Dans son allocution, le ministre Amadou Ba a souligné la dimension symbolique de l’événement :
« Nous ne faisons pas qu’inaugurer une exposition. Nous réconcilions Dakar avec une part essentielle de son génie », a-t-il déclaré, insistant sur la volonté des autorités de faire de la culture un levier d’identité et de développement.
Le professeur Mouhamed Abdallah Ly a, pour sa part, mis en avant la portée philosophique de l’œuvre, qu’il considère comme une réflexion profonde sur la condition humaine et la mémoire collective.
Enfin, Marina Sow, au nom de la famille, a exprimé son émotion face au retour des œuvres au Sénégal, insistant sur l’importance de rendre cet héritage accessible aux populations.
Prévue pour une durée exceptionnelle de trois ans, l’exposition s’inscrit dans une dynamique de conservation et de valorisation du patrimoine national. Le transfert des œuvres depuis la maison de l’artiste à Yoff vers les réserves du musée garantit désormais leur préservation dans des conditions optimales.
Au-delà de l’événement artistique, « Ousmane Sow, intemporel » s’impose comme un acte fort de réappropriation culturelle, offrant aux jeunes générations l’opportunité de découvrir l’un des plus grands créateurs africains du XXe siècle.
Avec cette exposition, Dakar affirme plus que jamais son ambition de s’imposer comme une capitale culturelle majeure sur le continent africain.
Moussa Diba







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