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Décarbonation du transport maritime : le Sénégal amorce un virage stratégique avec le PAN

À Dakar, le Sénégal engage une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur maritime.
L’Agence nationale des Affaires maritimes (ANAM), à travers sa Direction des opérations maritimes (DOM), organise du 31 mars au 3 avril 2026 un atelier de lancement du Plan d’action national (PAN) de décarbonation des navires. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie globale de renforcement de la surveillance maritime et fluviale, priorité de l’action de l’État en mer face aux défis croissants du secteur.
Réunissant partenaires techniques et financiers, experts et spécialistes, cet atelier vise à poser les bases d’une transition progressive vers un transport maritime moins polluant, en phase avec les engagements internationaux de lutte contre le changement climatique.

Face à la presse ce 1er avril 2026, le directeur général de l’ANAM, Bacaye Diop, a souligné l’importance de cette rencontre inscrite dans le cadre du programme international Green Voyage 2050, piloté par l’Organisation maritime internationale (OMI).

« L’objectif est d’atteindre une décarbonation totale du secteur maritime à l’horizon 2050. Cela passe nécessairement par un Plan d’action national structuré, avec des étapes progressives que nous devons valider », a-t-il déclaré.

Le Sénégal fait partie des pays sélectionnés pour accueillir cet atelier, une reconnaissance de son engagement dans la transition écologique du secteur maritime. Selon Bacaye Diop, cette première phase consiste à identifier les risques, les cartographier et engager des discussions techniques approfondies avec les parties prenantes.

Au-delà du cadre national, les autorités ambitionnent d’élargir cette dynamique à l’ensemble du continent africain.

« L’objectif est que tous les pays africains adhèrent à cette initiative, car le secteur maritime constitue un levier essentiel pour la protection de l’environnement », a-t-il ajouté.

Toutefois, la réussite de cette transition repose également sur des préalables juridiques et réglementaires. Le directeur général de l’ANAM a ainsi insisté sur la nécessité de ratifier certaines conventions internationales, notamment l’annexe VI de la convention MARPOL relative à la réduction des émissions des navires.

Sur le plan opérationnel, des actions concrètes sont déjà envisagées. Deux chaloupes hybrides, fonctionnant à la fois à l’électricité et au gasoil, sont en cours d’acquisition pour assurer la liaison Dakar–Gorée dans un délai de deux ans. Une initiative qui marque un premier pas vers la modernisation écologique de la flotte maritime nationale, aujourd’hui largement dépendante des carburants fossiles.

Si la question du coût reste en suspens, les autorités se veulent rassurantes quant à l’accessibilité des futures solutions.
« Nous espérons que les coûts resteront abordables. Pour l’instant, nous sommes dans une phase de projection », a précisé Bacaye Diop.

À travers ce Plan d’action national, le Sénégal affiche clairement sa volonté de faire du secteur maritime un acteur clé de la transition énergétique. Un chantier ambitieux qui nécessitera coordination, investissements et engagement durable de l’ensemble des parties prenantes.

Moussa Diba

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Espaceafrique.net

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