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Révision de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture : le Sénégal renforce son ambition d’autosuffisance et de souveraineté alimentaire

Le Sénégal poursuit son ambition d’atteindre l’autosuffisance en riz. Ce lundi 10 novembre 2025, le Ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage, Dr Mabouba Diagne, a présidé  l’atelier national de révision de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture (SNDR).

Une rencontre organisée par le Programme National d’Autosuffisance en Riz (PNAR), avec le soutien de la JICA (Agence Japonaise de Coopération Internationale), et la participation du Secrétariat de la Coalition pour le Développement du Riz en Afrique (CARD).

Chercheurs, producteurs, transformateurs, partenaires techniques et financiers, ainsi que représentants du secteur privé et du monde rural, ont pris part à cet important rendez-vous.

En ouvrant les travaux, Dr Waly Diouf, coordonnateur du PNAR et conseiller technique au ministère, a expliqué les raisons et les enjeux de cette révision.

« Aujourd’hui, nous avons réuni l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur du riz pour valoriser la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture. Après la crise alimentaire de 2008, les pays africains, avec l’appui du Japon, ont défini des mécanismes pour aller vers l’autosuffisance, car la consommation reste bien supérieure à la production », a-t-il rappelé.

Il a précisé que la première génération de stratégies (2008-2018) visait à doubler la production rizicole en Afrique, un objectif globalement atteint.

« Entre 2008 et 2018, la production est passée de 16 à 54 milliards de tonnes. Mais l’autosuffisance reste un objectif plus complexe. Depuis 2020, 33 pays africains ont entamé la deuxième génération de stratégies, couvrant la période 2020-2030 », a poursuivi le coordonnateur du PNAR.

Selon lui, cette révision à mi-parcours permettra non seulement d’évaluer les progrès réalisés, mais aussi d’intégrer les orientations des nouvelles autorités sénégalaises, dont la politique agricole repose désormais sur une approche communautaire.

« Le Sénégal mise sur les coopératives agricoles communautaires et sur les centres d’utilisation de matériels agricoles (CUMA) pour renforcer la production et atteindre la souveraineté alimentaire », a-t-il conclu.

Dans son allocution d’ouverture, Dr Mabouba Diagne a salué la mobilisation de tous les acteurs du secteur et remercié particulièrement la JICA et la CARD pour leur appui constant.

 

« La SNDR, élaborée dans le cadre de la CARD, est un instrument stratégique majeur de la politique nationale de développement rizicole. Elle identifie les besoins de la chaîne de valeur et planifie les productions attendues sur une décennie », a-t-il déclaré.

Le ministre a rappelé qu’avant la crise alimentaire mondiale de 2008, la production rizicole nationale se limitait à 150 000 tonnes.

« Grâce à la mise en œuvre de la première SNDR et à l’appui du gouvernement japonais, le Sénégal a plus que doublé, puis octuplé sa production. Mais nous devons encore produire suffisamment pour satisfaire les besoins du marché national », a-t-il souligné.

Insistant sur la vision des nouvelles autorités, Dr Mabouba Diagne a affirmé que la SNDR révisée devra s’aligner sur l’Agenda national de transformation “Sénégal 2050”, cadre de référence pour toutes les politiques publiques.

« La SNDR révisée sera un levier essentiel de la Stratégie de Souveraineté Alimentaire (SSA) du ministère. Elle permettra de déployer des coopératives agricoles communautaires et des centres d’utilisation de matériels agricoles sur tout le territoire », a-t-il précisé.

Pour le ministre, la réussite de cette nouvelle phase dépendra d’une meilleure maîtrise des ressources hydriques, de l’accès facilité aux zones de production, de la disponibilité de semences adaptées, ainsi que de la mise en place d’infrastructures de stockage modernes.

Il a aussi insisté sur la nécessité d’une fertilisation raisonnée, d’une protection efficace des cultures et du respect des calendriers agricoles.

« La réussite de cette révision dépendra de votre capacité collective à mobiliser les connaissances, à favoriser la concertation entre acteurs, et à maintenir un dialogue inclusif entre pouvoirs publics, organisations paysannes, secteur privé, recherche et partenaires au développement », a exhorté Dr Diagne.

En clôturant son discours, il a renouvelé ses remerciements à la JICA, à la CARD et à l’ensemble des acteurs impliqués, avant de déclarer officiellement ouverts les travaux de l’atelier national de révision de la SNDR.

Cette révision marque une étape déterminante dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale de Développement de la Riziculture 2020-2030, instrument central de la politique agricole sénégalaise.

Elle vise à renforcer la performance de la filière rizicole, moteur de la souveraineté alimentaire, et à consolider la place du Sénégal parmi les pays africains les plus dynamiques en matière de production rizicole.

Espace Afrique

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