La cérémonie d’ouverture de la troisième édition du Salon Africain des Langues et Cultures (SALC) s’est tenue ce lundi 22 décembre 2025 au Grand Théâtre National Doudou Ndiaye Coumba Rose. Placée sous le parrainage du professeur Souleymane Bachir Diagne, cette édition s’inscrit sous le thème central : « Langues africaines, numérique et souveraineté ».
L’événement s’est déroulé en présence de plusieurs personnalités, dont Abdoulaye Karel Dieng, président du SALC, Madou Kane, directeur du salon, Lamine Ba, représentant du directeur général du Grand Théâtre, Alain Sambou, représentant du maire de la ville de Dakar, ainsi que le représentant du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme. Des acteurs culturels, linguistes, chercheurs, journalistes et passionnés des langues et civilisations africaines ont également pris part à la rencontre.
La première journée du salon a été marquée par l’organisation de trois panels thématiques :
● Panel 1 : Langues et écritures en Afrique : états des lieux et perspectives
● Panel 2 : Créativité et développement : problématiques culturelles, implications sociales, impacts économiques, enjeux de souveraineté et de paix
● Panel 3 : Quelles solutions numériques pour les expressions culturelles africaines ?
Prenant la parole, Madou Kane, directeur du SALC, a souligné l’importance de cette troisième édition, consacrée aux langues africaines à l’ère du numérique. Il a insisté sur le lien fondamental entre langue, culture et création, rappelant que toute expression culturelle constitue un patrimoine vivant.
« Nous sommes aujourd’hui à l’ère de la bataille des contenus. Il est temps de rompre avec la fracture numérique qui fait que l’essentiel de ce que nous consommons vient de l’extérieur, alors que l’Afrique regorge de récits, de légendes, de pratiques et de savoirs encore peu visibles », a-t-il déclaré.
Selon lui, le numérique offre une opportunité historique pour valoriser les cultures africaines, renforcer la souveraineté culturelle et promouvoir la paix, rappelant que les valeurs du vivre-ensemble sont profondément enracinées dans les sociétés africaines.
Madou Kane a également justifié le choix du professeur Souleymane Bachir Diagne comme parrain, saluant une sommité intellectuelle africaine et universelle, dont la rigueur scientifique et l’héritage philosophique constituent un modèle pour la jeunesse africaine.
De son côté, Lamine Ba, représentant du directeur général du Grand Théâtre National, a magnifié le partenariat entre l’institution et le SALC. Il a souligné l’importance d’ouvrir le Grand Théâtre aux rencontres scientifiques, aux panels et aux réflexions sur les savoirs africains contemporains.
« Le numérique, l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies transforment profondément notre manière de produire et de consommer les biens culturels. Ces débats sont essentiels pour le Sénégal, l’Afrique et le monde », a-t-il affirmé.
Représentant le maire de la ville de Dakar, Alain Sambou a, quant à lui, livré une intervention empreinte de symbolisme, rappelant que la diversité linguistique africaine n’est pas un obstacle mais une richesse.
« L’Afrique avance quand elle écoute toutes ses voix, quand elle fait dialoguer ses langues et ses héritages. Là où les langues dialoguent, la paix devient possible », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement de la Ville de Dakar à accompagner les initiatives culturelles à portée continentale.
À travers cette troisième édition, le Salon Africain des Langues et Cultures se positionne comme un espace de réflexion, de valorisation et de transmission des patrimoines linguistiques et culturels africains, en phase avec les défis contemporains du numérique, de la souveraineté et de la paix.
Le SALC 2025 se poursuit les 22 et 23 décembre, avec des panels, expositions et échanges visant à renforcer la place des langues africaines dans la construction de la modernité africaine.
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