Le ministère des Télécommunications et du Numérique et la Fondation Gates ont officiellement lancé, ce jeudi 29 octobre 2026, un partenariat stratégique destiné à accélérer le développement de l’intelligence artificielle (IA) et des infrastructures publiques numériques au Sénégal. Cette collaboration s’inscrit dans la dynamique du New Deal Technologique et repose sur trois axes majeurs : la création du Sénégal AI Scaling Hub, le développement de l’identité numérique et l’opérationnalisation d’une Delivery Unit chargée du suivi des projets stratégiques de l’État.
Cette initiative ambitionne de renforcer l’écosystème numérique national, de favoriser l’émergence de solutions innovantes et de faciliter l’accès des populations aux services publics numériques.

Prenant la parole lors de la cérémonie, le directeur de la Promotion de l’Économie numérique et du Partenariat au ministère des Télécommunications et du Numérique, Monsieur Boubacar Roger Thiam, a présenté le Sénégal AI Scaling Hub comme un dispositif destiné à fédérer les acteurs de l’intelligence artificielle.
« C’est un écosystème dans lequel tous les chercheurs, tous les startuppers, les entreprises, les étudiants et les Sénégalais qui utilisent l’intelligence artificielle vont pouvoir coordonner le savoir, les efforts et les moyens afin d’avoir l’impact recherché », a-t-il expliqué.
Selon lui, le Hub constitue une composante du programme Sénégal Digital Factory, inscrit dans le New Deal Technologique. L’objectif est de dépasser la simple utilisation des outils d’intelligence artificielle pour développer des solutions conçues par des Sénégalais et susceptibles d’être déployées à l’échelle africaine.
Le responsable a également salué l’accompagnement de la Fondation Gates ainsi que la mobilisation de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD), Expertise France, la GIZ, la JICA et d’autres institutions engagées dans le développement numérique.
Le Sénégal AI Scaling Hub reposera sur deux piliers : un volet opérationnel destiné à faciliter le développement des solutions et un volet structurel consacré notamment à la gouvernance. Sa mise en place prévoit la désignation d’un directeur et la constitution d’un conseil consultatif réunissant des experts sénégalais, des chercheurs, des scientifiques et des responsables d’entreprises établis au Sénégal et à l’étranger.
Trois secteurs prioritaires ont été retenus pour le développement des cas d’usage : la santé, l’éducation et l’agriculture.
Au-delà de la structuration de l’écosystème, le partenariat accorde une place importante au renforcement des compétences. Boubacar Roger Thiam a évoqué un objectif de formation de 500 000 personnes à l’intelligence artificielle.
Cette ambition concerne différentes catégories de la population, notamment les étudiants, les salariés, les professionnels et les personnes ayant peu ou pas de connaissances préalables dans le domaine du numérique.
Pour le responsable, la formation constitue une étape essentielle avant la création d’emplois à grande échelle. Il a souligné que la mise en œuvre des solutions d’IA reposera largement sur les entreprises, qu’il s’agisse de structures déjà établies ou de nouvelles startups.
Il a ainsi invité les jeunes et les adultes à se préparer aux nouvelles compétences recherchées sur le marché du travail, en insistant sur les perspectives de recrutement dans les métiers liés à l’intelligence artificielle
Interrogé sur la protection des données personnelles et la souveraineté numérique, Boubacar Roger Thiam a mis en avant l’importance de la cybersécurité dans le déploiement de ces nouvelles technologies.
Il a notamment évoqué la participation de plusieurs structures et départements ministériels concernés par la sécurité numérique, dont les acteurs chargés de la cybersécurité et de la protection des infrastructures critiques.
L’ambition est de faire de l’intelligence artificielle un outil non seulement de réponse aux incidents, mais également d’anticipation des menaces. Cette approche revêt une importance particulière à l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, dans un contexte où le Sénégal entend renforcer la vigilance et la protection de ses infrastructures stratégiques.

De son côté, Gabi Adotevi, Senior Program Officer au sein de la Fondation Gates, chargé des questions relatives aux infrastructures publiques numériques, a rappelé que le partenariat avec le Sénégal s’inscrit dans une collaboration engagée autour du New Deal Technologique depuis deux ans.
Il a précisé que l’accompagnement de la Fondation s’articule autour de trois axes : les infrastructures publiques numériques et l’identité numérique, le développement des compétences en intelligence artificielle à travers le Hub, ainsi que la mise en place d’une Delivery Unit.Cette dernière structure doit contribuer au suivi de l’exécution des projets stratégiques et à l’amélioration de leur mise en œuvre.
Pour Gabi Adotevi, l’objectif est de permettre au Sénégal de franchir une nouvelle étape dans sa transformation numérique et de renforcer son positionnement comme acteur majeur du digital en Afrique de l’Ouest.
Concernant l’identité numérique, il a expliqué que l’une des premières ambitions consiste à permettre à chaque Sénégalais de disposer d’une identité digitale facilitant l’accès aux différents services proposés par l’État.
Le représentant de la Fondation Gates a également indiqué que les effets de cet accompagnement devraient se matérialiser progressivement au cours des prochaines années, à travers les services numériques mis à la disposition des populations.S’agissant du montant des investissements mobilisés, il a précisé qu’il reviendrait ultérieurement avec des données chiffrées
À travers ce partenariat, le ministère des Télécommunications et du Numérique et la Fondation Gates entendent soutenir une transformation numérique axée sur le développement des compétences, l’innovation locale, l’amélioration des services publics et le renforcement des infrastructures numériques.
La concrétisation de ces ambitions dépendra notamment de la mise en œuvre effective des dispositifs annoncés, de la formation des bénéficiaires, de la mobilisation des entreprises et de la prise en compte des enjeux de cybersécurité et de protection des données.
Le lancement du Sénégal AI Scaling Hub marque ainsi une nouvelle étape dans les efforts engagés par le Sénégal pour faire de l’intelligence artificielle un levier de développement économique et de modernisation de l’administration.
M.Diba










