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Ndeyi Askan Wi et And Samm Jikko Yi Femmes montent au créneau pour défendre les valeurs familiales et religieuses

Le mouvement Ndeyi Askan Wi, plateforme nationale des femmes musulmanes du Sénégal, et la section féminine d’And Samm Jikko Yi ont fait face à la presse, le lundi 26 octobre 2026, pour exprimer leur position sur la question de l’homosexualité, les droits des femmes et des enfants, ainsi que les orientations des politiques publiques relatives à la famille. Les deux organisations ont réaffirmé leur volonté de défendre les valeurs religieuses, culturelles et familiales qu’elles estiment fondamentales pour la société sénégalaise.

Prenant la parole au nom des deux mouvements, Dr Mariama Mbacké, membre de la cellule de communication de Ndeyi Askan Wi, a d’abord rendu hommage aux victimes de violences et aux familles éprouvées, tout en exprimant sa compassion envers les populations touchées par les inondations. Elle a invoqué la miséricorde divine pour les disparus et le réconfort des familles endeuillées, avant de situer la démarche des organisations dans une logique de vigilance, de conviction et de responsabilité.

Dans son intervention, Dr Mariama Mbacké a vivement critiqué la caravane féministe portée par JGEN Sénégal, avec l’appui de l’Association des juristes sénégalaises et du Collectif des féministes du Sénégal, dans le cadre de la préparation des premières « Assises nationales citoyennes sur les droits des femmes et des filles ».

Selon elle, cette initiative viserait notamment à promouvoir une nouvelle conception de la justice de genre, à réviser certaines dispositions législatives jugées discriminatoires et à aligner le droit sénégalais sur des instruments internationaux, dont le Protocole de Maputo. Elle a également évoqué les revendications relatives à la puissance paternelle et la perspective de la remise d’un cahier de doléances au ministère de la Justice.

Face à cette démarche, la représentante de Ndeyi Askan Wi a interrogé la légitimité de ces organisations à parler au nom de l’ensemble des femmes sénégalaises. Elle a également regretté l’absence, selon elle, d’une implication suffisante des familles, des autorités religieuses et coutumières ainsi que des institutions publiques dans les discussions sur des questions touchant directement à la société.

Sur le plan juridique, elle a rappelé l’adoption, le 27 mars 2026, de la loi n° 2026-08 modifiant l’article 319 du Code pénal sénégalais. Elle a appelé le procureur de la République à veiller à l’application de la législation en vigueur, notamment concernant les actes contre nature ainsi que leur promotion et leur financement, tels que définis par le texte.

Autre point majeur de son intervention : le Protocole de Maputo, dont Dr Mariama Mbacké a contesté la pertinence comme référence centrale des politiques nationales relatives aux femmes, aux enfants, au mariage et à la famille.

Elle a ainsi invité les femmes parlementaires à ouvrir le débat sur les voies juridiques permettant au Sénégal de dénoncer cet instrument, dans le respect des procédures constitutionnelles et internationales.

La responsable a par ailleurs dénoncé ce qu’elle considère comme une instrumentalisation des droits des femmes et des filles au détriment des réalités socioculturelles sénégalaises. Elle a opposé à cette approche les difficultés vécues quotidiennement par de nombreuses femmes, notamment la charge mentale, les responsabilités domestiques et les contraintes professionnelles.

Elle a également interpellé les organisations féministes sur leur engagement face aux violences sexuelles faites aux enfants, aux difficultés rencontrées par les femmes et aux conséquences des inondations dans les quartiers populaires.La protection de l’enfant et les politiques publiques en débat

De son côté, Mme Mamy Ndeye Diouf, membre de la cellule de communication de Ndeyi Askan Wi, a axé son intervention sur la protection de l’enfant et les engagements internationaux du Sénégal.

Elle a rappelé la participation du Sénégal à la 48e session ordinaire du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant, tenue du 13 au 20 octobre 2026 à Maseru, au Lesotho. La délégation du ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités était conduite par Mme Mbayang Madjiguène Diop, directrice de la Promotion des droits et de la Protection des enfants.

Les échanges ont notamment porté sur les violences faites aux enfants, y compris en ligne, les droits des enfants en situation de handicap, le recrutement d’enfants par les forces et groupes armés, ainsi que le renforcement des mécanismes africains de protection.

Si Mme Mamy Ndeye Diouf a salué l’objectif de protéger les enfants dans le cadre de la Vision Sénégal 2050 et du New Deal technologique, elle a toutefois demandé des éclaircissements au ministère sur la définition des groupes vulnérables et les références mobilisées dans le cadre des politiques relatives à la justice de genre.

Elle a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la prise en charge des enfants en situation de handicap, en mettant l’accent sur leur accès aux structures sanitaires, sociales et éducatives, ainsi que sur leur insertion professionnelle. Elle a également plaidé pour une réponse plus adaptée aux enfants contraints de mendier dans les rues.

La représentante de Ndeyi Askan Wi a également exprimé ses inquiétudes concernant les orientations possibles d’un futur Code de l’enfant. Selon elle, toute réforme devrait préserver la place des parents dans l’éducation et la protection des enfants, tout en tenant compte des réalités religieuses, culturelles et familiales du Sénégal.

Elle a mis en garde contre des modèles étrangers qu’elle estime inadaptés au contexte national, notamment sur les questions de parentalité, de procréation médicalement assistée et d’éducation sexuelle.

Pour les deux organisations, la protection de l’enfant doit avant tout s’appuyer sur un environnement familial stable, la responsabilité parentale et l’accompagnement social. Elles demandent, en conséquence, qu’aucun engagement international touchant aux femmes, aux enfants, à la famille, à l’éducation ou à la sexualité ne soit examiné sans une étude préalable de sa compatibilité constitutionnelle et une évaluation de ses implications religieuses, socioculturelles, sanitaires et familiales.

Au terme de cette conférence de presse, Ndeyi Askan Wi et la section féminine d’And Samm Jikko Yi ont réaffirmé leur détermination à défendre leur conception des valeurs familiales et de l’éducation des enfants. Elles ont appelé à une plus grande association des familles, des autorités religieuses et coutumières aux décisions susceptibles d’avoir des conséquences sur la société sénégalaise.

À travers cette sortie médiatique, les deux mouvements entendent peser dans le débat public sur l’homosexualité, les droits des femmes et des enfants ainsi que sur l’orientation des politiques familiales au Sénégal. Leur position traduit les tensions qui entourent actuellement les questions de genre, de souveraineté juridique et de normes socioculturelles dans le pays.

Les organisations ont conclu leur déclaration par un appel à la préservation des valeurs auxquelles elles sont attachées, en invoquant la bénédiction divine et la protection des familles sénégalaises.

Espace Afrique

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