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Dakar Sport Summit 2026 : Malick Diouf mise sur le capital humain pour pérenniser l’héritage des JOJ

La troisième édition du Dakar Sport Summit (DKSS) s’est tenue les 27 et 28 octobre 2026 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), autour du thème « Éduquer, former, pérenniser : le capital humain au cœur du legs de Dakar 2026 ». Porté par l’Agence Prim’s, sous la direction de Malick Diouf, ce rendez-vous ambitionne de faire des Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) Dakar 2026 un levier durable de développement de l’économie du sport, de formation et d’employabilité des jeunes.

À l’approche des JOJ Dakar 2026, le Dakar Sport Summit entend ouvrir la réflexion sur l’après-Jeux. Pour les organisateurs, l’enjeu ne se limite pas à la réussite des compétitions et à la réalisation des infrastructures. Il s’agit surtout de préparer un héritage durable, fondé sur le développement des compétences, la création d’emplois et la structuration du secteur sportif au Sénégal.

Conférences, panels de haut niveau, rencontres professionnelles, hackathon et sessions d’innovation technologique ont constitué les principales activités de cette troisième édition. Les échanges se poursuivent avec la « Semaine des métiers du sport », organisée du 27 au 30 octobre, pour mettre en lumière les perspectives professionnelles offertes par cette filière.

Lors de la cérémonie d’ouverture, l’initiateur du Dakar Sport Summit, Malick Diouf, a rappelé le chemin parcouru depuis la première édition en 2023. Après les réflexions consacrées au cadre institutionnel et juridique, puis aux mécanismes de financement, le sommet met cette année l’accent sur le capital humain.

Selon lui, l’héritage des JOJ ne doit pas être réduit aux infrastructures, aux médailles et aux records. Il doit également se traduire par des opportunités concrètes pour les jeunes, les athlètes, les fédérations, les clubs et les entrepreneurs du sport.

« Une infrastructure se construit en quelques années. Former un entraîneur, un dirigeant ou un gestionnaire d’équipement prend beaucoup plus de temps », a-t-il souligné, insistant sur l’importance de la formation dans la pérennisation des acquis olympiques.Malick Diouf a salué l’adoption du nouveau Code du sport en Conseil des ministres en juillet 2025, une avancée qu’il considère comme importante pour la modernisation de la gouvernance sportive. Il a également évoqué l’engagement des autorités en faveur de la livraison des infrastructures destinées aux Jeux et du développement des équipements sportifs de proximité.

Toutefois, il a averti que l’héritage olympique ne saurait être pleinement réalisé si les investissements profitent uniquement aux grandes infrastructures. Les quartiers populaires et les territoires éloignés doivent également disposer de terrains adaptés, d’entraîneurs qualifiés et de structures capables d’accompagner les jeunes talents.

Pour l’initiateur du sommet, le sport doit devenir une véritable filière économique, capable de générer des emplois et de soutenir l’entrepreneuriat. Il a notamment rappelé que ce secteur entretient des liens étroits avec le bâtiment, l’hôtellerie, le transport, l’événementiel et la santé.

Le choix de l’Université Cheikh Anta Diop pour accueillir cette édition traduit la volonté de placer les établissements d’enseignement supérieur au centre de la réflexion sur la professionnalisation du sport.

Malick Diouf a notamment attiré l’attention sur l’état de dégradation du stade de l’UCAD, qu’il juge en décalage avec les ambitions sportives du Sénégal à l’approche des Jeux. Il a plaidé pour la construction d’un gymnase de haut niveau au sein de l’université, afin d’offrir aux étudiants et aux acteurs du sport un équipement durable, utile à la formation et à la pratique sportive.

Il a également appelé au développement de formations spécialisées dans le management sportif, le marketing, la gestion des infrastructures et l’organisation des événements. Selon lui, les universités de Dakar et de Saint-Louis pourraient contribuer davantage à la formation de cadres capables de répondre aux besoins d’un secteur en pleine évolution.

L’objectif est notamment d’éviter que les professionnels recrutés pour l’organisation des JOJ se retrouvent sans perspectives à la fin de l’événement. Pour Malick Diouf, il est essentiel de mettre en place des mécanismes permettant leur réintégration dans le monde de l’entreprise, en particulier dans le secteur sportif.

Représentant le recteur de l’UCAD, le professeur Alioune Badara Kandji, le professeur Djibril Seck a salué la pertinence du thème retenu pour cette troisième édition. Il a souligné les liens entre les valeurs universitaires et celles du sport, notamment la transmission des savoirs, l’éthique, l’autonomie et la responsabilité.

Dans le contexte des JOJ Dakar 2026, qui réuniront de jeunes athlètes venus de nombreux pays, il a invité les participants à réfléchir aux valeurs que le Sénégal souhaite transmettre aux générations futures.

Pour lui, l’héritage doit dépasser la dimension matérielle et s’inscrire dans une démarche de transformation durable touchant l’éducation, la santé, la citoyenneté, la paix et la protection de l’environnement.Il a également insisté sur la nécessité de préparer les jeunes à évoluer dans un monde complexe, en leur donnant les moyens de développer leurs connaissances, leurs compétences et leur capacité à entreprendre.

Prenant la parole au nom du maire de Dakar, Abass Fall, l’adjoint au maire chargé des Sports et des Loisirs, Bassirou Samb, a rappelé le rôle stratégique du sport dans le développement économique, la cohésion sociale et l’épanouissement de la jeunesse.Il a souligné que la réussite des JOJ Dakar 2026 ne se mesurera pas uniquement à la qualité de l’organisation des compétitions, mais aussi à la capacité du Sénégal à transformer cet événement historique en un héritage durable.

La municipalité entend ainsi soutenir les initiatives qui favorisent la formation, la transmission des compétences et l’accompagnement des jeunes. Bassirou Samb a souhaité que les échanges du sommet débouchent sur des propositions concrètes et ambitieuses au bénéfice du Sénégal, de l’Afrique et du mouvement sportif.

À travers cette troisième édition, le Dakar Sport Summit réaffirme la nécessité de préparer dès maintenant l’après-JOJ.Pour ses initiateurs, l’héritage olympique repose autant sur la qualité des infrastructures que sur la disponibilité de ressources humaines qualifiées, capables de faire vivre les équipements et de développer l’économie du sport.

La formation des entraîneurs, des gestionnaires, des organisateurs et des entrepreneurs apparaît ainsi comme un enjeu central pour assurer la continuité des investissements consentis par le Sénégal.

À l’heure où le pays s’apprête à accueillir les premiers Jeux Olympiques de la Jeunesse organisés sur le continent africain, le DKSS invite les pouvoirs publics, les universités et les acteurs privés à unir leurs efforts pour faire du sport un levier durable d’éducation, d’emploi et de développement.

Moussa Diba

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