L’intersyndicale composée du Syndicat des professionnels de l’information et de la communication du Sénégal (SYNPICS) et du Syndicat national des professionnels de l’audiovisuel public (SYNPAP) a fait face à la presse au siège de la RADDHO, à Dieuppeul, à Dakar, ce mercredi 14 octobre 2026. Les syndicalistes ont dénoncé la gestion de la direction générale de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), dirigée par Pape Alé Niang, et exigé le rétablissement immédiat de l’accord d’entreprise suspendu unilatéralement.
Au cœur de cette contestation figure la suspension de l’accord d’entreprise, une décision que les représentants des travailleurs jugent contraire aux engagements pris entre la direction générale et les organisations syndicales. Selon eux, cette mesure a contribué à exacerber les tensions sociales au sein du média public et à détériorer davantage les conditions de travail du personnel.
Face à la presse, les responsables syndicaux ont également dressé un tableau préoccupant de la situation financière et sociale de la RTS. Ils dénoncent une précarisation croissante des agents et réclament davantage de transparence dans la gestion des ressources de l’entreprise publique. Une attention particulière a été accordée à l’enveloppe de 4 milliards de francs CFA allouée à la RTS dans le cadre de la couverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026.

Prenant la parole, Thierno Dramé, membre de l’intersyndicale, a rappelé que la suspension de l’accord d’entreprise constitue l’un des principaux facteurs de la crise actuelle. Il estime qu’un accord signé entre deux parties ne peut être remis en cause par une simple note de service, sans concertation préalable.
Le syndicaliste a également évoqué les démarches entreprises auprès des autorités, notamment du ministère de la Communication, pour trouver une issue à la crise. Toutefois, selon lui, les échanges engagés n’ont pas encore permis d’obtenir les réponses attendues par les travailleurs.
Dans cette dynamique, l’intersyndicale entend maintenir la pression pour obtenir la levée de la suspension et le respect des engagements pris envers le personnel.
De son côté, Mame Moussa Niang, secrétaire général, a dénoncé l’absence de dialogue avec la direction générale. Il a indiqué que les syndicats ont multiplié les démarches auprès de plusieurs institutions, notamment le conseil d’administration de la RTS, la commission chargée de la communication à l’Assemblée nationale et le Haut Conseil du dialogue social, sans obtenir, selon lui, de résultats satisfaisants.

Le responsable syndical a également rappelé qu’une rencontre avec les ministres chargés de la Communication et du Travail s’est tenue le 14 septembre dernier. Un mois après cette rencontre, l’intersyndicale affirme ne constater aucune avancée concrète
.Face à cette situation, les syndicats annoncent un mouvement de grève de trois jours, prévu les 31 octobre, 1er et 2 novembre 2026. Ils affirment vouloir inscrire leur action dans le cadre légal et faire entendre leurs revendications concernant notamment le rétablissement de l’accord d’entreprise.
À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026, le conflit social à la RTS soulève des interrogations sur les conséquences d’un éventuel mouvement de grève sur la couverture médiatique de cet événement international.
L’intersyndicale a également évoqué les poursuites judiciaires et les plaintes visant certains responsables syndicaux, qu’elle considère comme un facteur supplémentaire de tension. Les représentants des travailleurs entendent poursuivre leurs actions pour obtenir des réponses à leurs revendications.
Tout en exprimant leur regret face aux conséquences potentielles de la grève sur le fonctionnement du média public, les syndicalistes affirment être déterminés à aller jusqu’au bout de leur démarche si aucune solution n’est trouvée.
Au-delà du mouvement annoncé, l’intersyndicale laisse ainsi entrevoir d’autres formes d’action pour contraindre la direction et les autorités compétentes à reprendre le dialogue et à apporter une réponse à la crise sociale qui secoue la RTS.
M.Diba










