Le Sénégal et la Malaisie entendent donner un nouvel élan à leur coopération économique à travers le développement de partenariats dans des secteurs stratégiques, notamment l’industrie, l’agriculture, la transformation agroalimentaire et l’économie halal.Cette ambition est au cœur du Forum économique Malaisie–Sénégal 2026, organisé ce lundi à Dakar sous l’égide de l’ambassadeur de Malaisie au Sénégal, S.E. Dato’ Zainal Izran Zahari, en présence du secrétaire général du ministère du Commerce et de l’Industrie, Seydina Ndiaye, représentant le ministre Dr Serigne Diop Guèye.
Placée sous le thème « L’économie halal et les opportunités en Afrique », cette rencontre ambitionne de faire de l’économie halal un nouveau levier de croissance, de diplomatie économique et de compétitivité industrielle. Elle offre également un cadre d’échanges entre acteurs publics et privés des deux pays afin d’identifier des opportunités d’investissement et de consolider les relations commerciales bilatérales.
La dynamique de coopération entre Dakar et Kuala Lumpur intervient dans un contexte marqué par une progression des échanges économiques. Elle s’inscrit dans la continuité des initiatives de rapprochement entre les deux pays, notamment à la suite de la participation sénégalaise au Malaysia International Halal Showcase (MIHAS) 2026, un rendez-vous international consacré à l’industrie halal.

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du ministre du Commerce et de l’Industrie, Seydina Ndiaye a salué la volonté commune des deux pays de transformer leurs ambitions en réalisations concrètes. Il a notamment mis en avant l’expérience malaisienne en matière d’industrialisation et de développement économique, présentée comme une source d’inspiration pour le Sénégal.
« Ce forum est la manifestation concrète d’une volonté partagée entre le Sénégal et la Malaisie : celle de transformer nos ambitions en réalité », a-t-il souligné en substance.
Le représentant du ministre a rappelé que le Sénégal est engagé dans la mise en œuvre de la Vision Sénégal 2050, qui place la transformation structurelle de l’économie, le développement du capital humain, la durabilité et la réduction des déséquilibres territoriaux au cœur des priorités nationales.
Dans cette perspective, il a identifié plusieurs secteurs porteurs susceptibles de bénéficier d’une coopération renforcée avec la Malaisie. Il s’agit notamment des industries extractives, de l’agriculture et de l’agroalimentaire, des industries manufacturières ainsi que des services et du numérique.
Pour les autorités sénégalaises, l’enjeu ne consiste pas uniquement à valoriser les ressources naturelles du pays, mais également à développer des capacités locales de transformation, à créer davantage de valeur ajoutée et à générer des emplois durables.
L’agriculture constitue, à cet égard, un domaine privilégié de coopération, compte tenu des possibilités de transfert de technologies, de modernisation des chaînes de production et de renforcement de la sécurité alimentaire.
Seydina Ndiaye a également insisté sur la dimension territoriale de la stratégie industrielle du Sénégal. L’ambition affichée est de dépasser la concentration des activités économiques à Dakar en favorisant l’émergence de pôles de développement dans les différents départements du pays.
Cette orientation passe notamment par l’aménagement d’infrastructures adaptées, le développement de zones industrielles et la mise en place d’un environnement favorable à l’implantation des entreprises.
Le secrétaire général du ministère du Commerce et de l’Industrie a, dans le même temps, mis en avant les réformes engagées pour améliorer le climat des affaires, faciliter les procédures administratives et renforcer la sécurité des investissements.
L’objectif est de proposer aux investisseurs malaisiens un environnement propice à l’installation et au développement de leurs activités, tout en leur permettant de profiter des débouchés offerts par le marché sénégalais et les espaces économiques régionaux, notamment la CEDEAO et la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
« Le Sénégal ne vous offre pas seulement des ressources à exploiter. Il vous offre également des opportunités pour apprendre, partager des expériences et bâtir ensemble », a-t-il fait valoir, invitant les opérateurs économiques malaisiens à nouer des partenariats durables avec le secteur privé sénégalais.

Pour sa part, l’ambassadeur de Malaisie au Sénégal, S.E. Dato’ Zainal Izran Zahari, a réaffirmé sa volonté de renforcer les relations économiques entre les deux pays. Il a indiqué que plusieurs entreprises malaisiennes suivaient les travaux du forum et s’intéressaient aux perspectives de coopération avec leurs homologues sénégalais.
Le diplomate a souligné la nécessité de dépasser les échanges commerciaux traditionnels pour explorer de nouvelles formes de partenariat, notamment dans les domaines de l’investissement, du transfert de technologies et du développement industriel.
Il a également exprimé son ambition de voir les entreprises des deux pays identifier des secteurs d’intérêt commun et nouer des collaborations concrètes. La Malaisie pourrait ainsi constituer, pour les opérateurs sénégalais, non seulement un partenaire commercial, mais aussi une source d’expertise technologique et de savoir-faire industriel.L’agriculture figure parmi les secteurs privilégiés de cette coopération.
L’ambassadeur a notamment évoqué l’expérience malaisienne dans la filière de l’huile de palme et la possibilité d’examiner des perspectives de développement de la culture du palmier à huile au Sénégal, en fonction des opportunités et des conditions locales.
Au-delà des secteurs traditionnels, le forum met en lumière le potentiel de l’économie halal, qui englobe notamment l’agroalimentaire, les produits transformés, les services et les activités répondant aux exigences des marchés halal.
Pour le Sénégal, le rapprochement avec la Malaisie, acteur reconnu dans ce domaine, pourrait favoriser l’accès à de nouveaux marchés, améliorer les standards de production et renforcer la compétitivité des entreprises nationales.
La rencontre de Dakar apparaît ainsi comme une occasion de rapprocher les ambitions publiques des attentes du secteur privé, dans une logique de partenariats mutuellement bénéfiques.
À travers cette initiative, Dakar et Kuala Lumpur affichent leur volonté de passer d’une coopération essentiellement commerciale à des relations économiques davantage axées sur l’investissement, l’innovation, le transfert de compétences et la création de valeur.
Le défi reste désormais de traduire les échanges du forum en projets concrets, capables de soutenir la transformation industrielle du Sénégal, de renforcer les échanges bilatéraux et de créer de nouvelles opportunités pour les entreprises des deux pays.
Moussa Diba










