Accueil / Hydraulique et Assainissement / « Inondations au Sénégal : quand les eaux se retirent, les promesses politiques refont surface »

« Inondations au Sénégal : quand les eaux se retirent, les promesses politiques refont surface »

Face à la répétition des inondations au Sénégal, Mme Ikir Manal dénonce un cycle d’indignation, de promesses et d’oubli qui laisse les populations vulnérables confrontées aux mêmes difficultés chaque année. Elle appelle à dépasser les interventions d’urgence pour privilégier des politiques durables fondées sur la prévention, l’anticipation et la responsabilité politique.

Chaque année, à l’arrivée de l’hivernage, le même scénario se répète. Les fortes pluies provoquent des inondations dans plusieurs quartiers, des familles voient leurs maisons envahies par les eaux et les images de détresse suscitent une vague d’indignation. Les populations expriment leur désarroi, les appels à l’aide se multiplient et les responsables sont interpellés. Dans la foulée, des mesures d’urgence sont annoncées et des promesses de solutions sont formulées.

Mais une fois l’hivernage terminé, l’attention retombe progressivement. Les eaux se retirent, les images disparaissent des médias et l’émotion collective s’estompe, jusqu’au retour des prochaines pluies. C’est ce cycle récurrent que dénonce Mme Ikir Manal, qui appelle à une prise de conscience collective face à la persistance du phénomène des inondations.

Au-delà des dégâts matériels et des difficultés quotidiennes vécues par les sinistrés, Mme Ikir Manal s’inquiète du contraste entre la détresse des populations pendant l’hivernage et le retour des activités politiques dans les mêmes quartiers une fois les eaux retirées.Meetings, cortèges et discours politiques reprennent leur place auprès des populations qui, malgré leur vulnérabilité, continuent de faire face aux mêmes problèmes. Des lendemains meilleurs leur sont régulièrement promis, sans que les difficultés structurelles liées aux inondations soient définitivement résolues

.« Mais combien de temps allons-nous nous contenter de promesses ? », s’interroge-t-elle.

Pour Mme Ikir Manal, les habitants des zones inondables ne doivent pas être considérés uniquement comme des électeurs à convaincre pendant les campagnes politiques. Ils sont avant tout des citoyens qui ont droit à un cadre de vie digne, à la sécurité et à des solutions pérennes pour protéger leurs familles et leurs biens.

Pour sortir de cette situation récurrente, la lutte contre les inondations doit dépasser les interventions ponctuelles déclenchées par les premières pluies. Elle nécessite une approche structurelle intégrant l’aménagement du territoire, l’assainissement, le drainage des eaux pluviales, l’entretien régulier des réseaux, la maîtrise de l’urbanisation et l’anticipation des risques.

L’enjeu est de passer d’une logique de réaction à une véritable politique de prévention. Il ne devrait plus être nécessaire d’attendre que les maisons soient sous les eaux pour se préoccuper du sort des populations exposées.

Cette démarche implique également une continuité de l’action publique tout au long de l’année. La prévention des inondations ne saurait se limiter à la saison des pluies, mais doit reposer sur une planification rigoureuse, des investissements adaptés et un suivi régulier des infrastructures d’assainissement

À travers son interpellation, Mme Ikir Manal pose la question de la responsabilité des acteurs politiques face aux attentes légitimes des populations. Pour elle, la véritable responsabilité politique ne se mesure pas seulement aux promesses formulées en période de crise, mais surtout à la capacité d’apporter des réponses concrètes pour empêcher la répétition des mêmes drames.

Les populations qui accordent leur confiance aux responsables politiques doivent pouvoir bénéficier, en retour, de conditions de vie décentes et d’une protection effective contre les risques d’inondation.

En définitive, la lutte contre les inondations ne peut être réduite à une succession d’urgences, d’annonces et d’engagements. Elle exige une volonté politique constante, des actions concrètes et une vision à long terme.

Car, comme le souligne Mme Ikir Manal, la sécurité sociale et la sécurité des citoyens doivent être assurées avec autant de détermination que la recherche de leur confiance dans les urnes.

Moussa Diba

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *