Le bras de fer se poursuit autour de Radisson de Diamniadio. Le personnel a fait face à la presse ce mercredi 7 octobre 2026 pour réclamer la réintégration de l’ensemble des travailleurs et dénoncer leur situation depuis les mouvements sociaux et les licenciements intervenus fin 2025.
Cette sortie intervient quelques semaines après la reprise de l’exploitation de l’établissement par le groupe Terrou-Bi, en septembre 2026. Pour les travailleurs, cette nouvelle étape devait permettre de clarifier leur situation et de garantir la reprise de l’ensemble du personnel. Ils affirment toutefois être restés dans l’incertitude.
Prenant la parole, le président des délégués du personnel, Monsieur Omar Gaye, a rappelé les différentes démarches entreprises auprès des autorités. Selon lui, des rencontres avaient notamment eu lieu avec le ministère du Travail afin de trouver une issue au conflit
.« On nous avait indiqué que tout nouvel exploitant devait reprendre le personnel », a-t-il expliqué, soulignant que les travailleurs avaient ensuite participé aux différentes procédures de recrutement et d’entretien mises en place dans le cadre de la reprise.
Mais, selon le représentant du personnel, l’espoir d’une réintégration générale a rapidement laissé place à de nouvelles interrogations. Certains travailleurs auraient reçu des propositions de contrats temporaires ou assortis de conditions moins favorables que leurs précédents contrats
.« Nous avons fait les entretiens. Nous pensions qu’il ne restait qu’à nous appeler et à nous remettre nos contrats », a déploré M. Gaye.
Les travailleurs dénoncent également des mois sans salaire et l’absence, pour certains, de documents administratifs attestant de leur situation professionnelle. Ils réclament ainsi la reconnaissance de leurs droits et la régularisation de leur situation.
Au cours de la conférence de presse, les travailleurs ont particulièrement ciblé la Société de Gestion des Infrastructures Publiques dans les Pôles Urbains de Diamniadio et du Lac Rose (SOGIP SA).Ils demandent le limogeage de son directeur général, Dame Mbodj, auquel ils reprochent notamment d’avoir, selon eux, pris des décisions relatives au personnel sans concertation suffisante avec les autorités compétentes.
Pour le représentant du personnel, les questions liées aux contrats de travail doivent relever du cadre légal et des autorités compétentes en matière de droit du travail.
« Ce n’est pas à la SOGIP de décider seule du sort des travailleurs », ont-ils soutenu, appelant les ministères du Travail et du Tourisme à se saisir pleinement du dossier.

M. Mbaye Faye, autre porte-parole des travailleurs, a également dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gestion du dossier social depuis le début du conflit.
Selon lui, le différend qui avait opposé l’ancien exploitant aux travailleurs ne devait pas aboutir à la perte des emplois. Il estime par ailleurs que les conditions du contrat liant l’État du Sénégal à l’ancien exploitant doivent être examinées avec davantage de rigueur.
Les travailleurs rappellent que l’hôtel est installé sur une infrastructure publique et représente, selon eux, un important outil économique pour l’État
.Ils annoncent leur intention de poursuivre les démarches auprès des institutions compétentes et d’interpeller des parlementaires afin d’obtenir leur soutien.
Un appel est également lancé au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, pour une intervention dans ce dossier.
Le message du personnel est sans ambiguïté : obtenir la réintégration de tous les travailleurs, le respect de leurs droits et des clarifications sur les conditions de la reprise de l’hôtel.
« Nous ne comptons pas baisser les bras », ont martelé les représentants du personnel, déterminés à poursuivre leur combat jusqu’à l’aboutissement de leurs revendications.
Moussa Diba










