Banques, télécoms, fintechs, Mobile Money et services digitaux : Global Fraud Management (GFM) veut imposer une expertise sénégalaise dans un secteur devenu stratégique pour l’économie numérique africaine. Avec ses plateformes AAR TELCO, AAR ONLINE (Monetique), AAR MOBILE MONEY, et AAR DIGITAL et BLACKLIST, l’entreprise mise sur l’analyse des données via Machine Learning, le scoring et l’automatisation pour détecter les opérations suspectes et aider les institutions à mieux maîtriser leurs risques.
La transformation numérique des économies africaines ouvre de nouvelles opportunités, mais elle élargit également le terrain de jeu de la fraude. Chaque nouveau canal de paiement, chaque service financier digital et chaque interconnexion de systèmes peut devenir une nouvelle porte d’entrée pour les fraudeurs.
Fraude à la carte bancaire, SIM Swap, SIMBOX, bypass GSM, SMS Bypass, Wangiri, IRSF, prise de contrôle de comptes ou encore détournements liés au Mobile Money : les menaces se diversifient au rythme des usages numériques.
C’est sur ce marché en pleine évolution que se positionne Global Fraud Management (GFM). Créée en 2021 et basée à Dakar, l’entreprise développe une offre consacrée à la prévention, la détection, l’analyse et la gestion de la fraude.
La vocation affichée de GFM est d’aider les banques, institutions financières et opérateurs télécoms à réduire les pertes liées à la fraude, sécuriser les transactions et renforcer la confiance dans les services financiers et numériques.
L’entreprise intervient dans plusieurs secteurs : banque et monétique, télécommunications, Mobile Money, fintech, cybersécurité, gestion des risques opérationnels et accompagnement des forces de l’ordre et des régulateurs.
Cette diversification répond à une réalité : les frontières entre les différents types de fraude deviennent de plus en plus difficiles à établir. Une opération frauduleuse peut commencer par une compromission de carte, passer par un téléphone ou un compte mobile et finalement toucher un compte bancaire.
L’une des particularités de GFM réside dans le développement de solutions technologiques propres.
AAR TELCO est dédiée à l’environnement télécom et Mobile Money. Elle analyse notamment des données voix, SMS, data, CDR et transactions financières mobiles afin d’identifier des comportements atypiques. La solution vise notamment des fraudes telles que les SIMBOX, le bypass GSM, le Wangiri, l’IRSF ou certaines formes de fraude Mobile Money.
AAR ONLINE, de son côté, cible principalement la fraude monétique. Destinée notamment aux banques et fintechs, la plateforme permet de surveiller les transactions et de détecter des comportements suspects.
Son moteur de règles alimenté par une une expérience terrain de plus de 10ans combiné avec du Machine Learning, peut prendre en compte différents paramètres : montant d’une opération, localisation, horaire, fréquence, type de commerce ou comportement habituel associé à une carte…
La plateforme propose également une gestion d’alertes optimisée , des tableaux de bord, des fonctionnalités de gestion des dossiers (Case Management)de fraude et des outils destinés aux investigations automatisés afin de soulager les analystes.
Enfin, AAR DIGITAL s’intéresse aux nouveaux parcours bancaires. Mobile Banking et Web Banking constituent son principal terrain d’intervention.
La solution analyse différents événements : connexion, changement de bénéficiaire, virement ou opération sensibleElle attribue un score de risque aux opérations afin d’aider les équipes antifraude à identifier celles nécessitant une vérification ou une intervention
.GFM indique également qu’AAR DIGITAL peut s’intégrer aux systèmes d’information financiers via des API et des flux ISO 20022 et être déployée en mode SaaS ou « on-premise ».
La philosophie de ces solutions repose sur une même chaîne : prévenir, détecter, analyser et agir.
L’objectif n’est donc pas uniquement d’identifier une transaction suspecte. Il s’agit également de permettre aux équipes spécialisées de comprendre le comportement observé, de traiter l’alerte et, lorsque cela est nécessaire, de prendre rapidement des mesures.
Cette logique s’appuie notamment sur des moteurs de règles, des mécanismes de scoring, l’analyse comportementale, des tableaux de bord et des outils d’investigation.

En juillet 2026, GFM a également annoncé le lancement de Blacklist GFM, une base collaborative destinée aux acteurs financiers.
Le principe est de permettre aux institutions membres de partager des informations relatives à des cas de fraude avérés et de consulter la base afin d’identifier d’éventuels signaux déjà connus.
Le dispositif prévoit, selon GFM, des processus de vérification des signalements ainsi que des mécanismes de contestation et de protection des données.
Cette approche repose sur une idée simple : face à des fraudeurs capables de cibler plusieurs institutions, le partage d’informations peut permettre aux différents acteurs de disposer d’une vision plus large des risques.
GFM revendique également une activité auprès des forces de l’ordre, des entités publiques spécialisées dans la cybercriminalité et des régulateurs.
L’entreprise intervient notamment dans l’analyse de données transactionnelles, l’appui aux investigations, l’identification des modes opératoires, l’évaluation des préjudices et la formation des agents.
À cette activité s’ajoutent des prestations de gestion des risques opérationnels : cartographie des risques, diagnostic organisationnel, plans de remédiation, optimisation des processus et mise en place d’indicateurs.
La vision affichée par Global Fraud Management est de devenir une référence africaine de la lutte contre la fraude.
Cette ambition repose sur un positionnement régional : développer depuis le Sénégal des outils destinés aux problématiques spécifiques des marchés africains, notamment dans les secteurs où la croissance des usages numériques est particulièrement rapide.
GFM indique disposer d’une présence au Sénégal, à Madagascar, au Tchad, au Canada et en France et travailler avec différents profils d’acteurs : banques, opérateurs télécoms, fintechs, établissements de Mobile Money, institutions publiques et régulateurs.
Avec la progression du paiement digital, du Mobile Money et de la banque en ligne, les mécanismes de fraude sont appelés à évoluer eux aussi.
Pour les institutions, l’enjeu ne consiste donc plus seulement à sécuriser un canal particulier, mais à disposer d’une capacité globale de surveillance des transactions et des comportements.C’est précisément sur cette convergence entre finance, télécommunications, données, cybersécurité et intelligence antifraude que GFM entend construire son développement.
Depuis Dakar, l’entreprise cherche ainsi à inscrire une expertise sénégalaise dans un marché africain où la sécurisation des transactions numériques devient progressivement un enjeu central de confiance, de compétitivité et de protection des actifs.
Moussa Diba











