Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva a vivement critiqué la politique d’intervention des États-Unis et défendu le principe de souveraineté des États, dans le contexte des tensions autour de la Venezuela et de l’Iran.
Lors d’une interview accordée à CNN, Lula a notamment contesté la légitimité des opérations américaines et s’est interrogé sur les justifications avancées par Washington lors de précédentes interventions militaires.
« Je suis fatigué de voir cela. Où sont les armes chimiques que Saddam Hussein avait ? Où est la bombe nucléaire que l’Iran possède ? », a lancé le président brésilien.
Lula faisait ainsi référence à l’Irak de Saddam Hussein et aux accusations ayant précédé l’invasion américaine de 2003. Les investigations menées après l’intervention n’ont pas mis au jour de stocks actifs d’armes de destruction massive correspondant aux accusations formulées avant la guerre. Cela n’efface toutefois pas le fait que le régime de Saddam Hussein avait utilisé des armes chimiques par le passé, notamment lors de l’attaque de Halabja en 1988.
Sur le dossier vénézuélien, Lula a également contesté le droit de Washington à décider du devenir politique d’un autre pays. Il a estimé que si Nicolás Maduro devait répondre devant la justice, cette procédure devrait avoir lieu au Venezuela
.« Trump a été élu pour être président des États-Unis. Il a le droit de gouverner les États-Unis, mais il n’a pas le droit de gouverner les autres pays ni d’imposer sa volonté aux autres peuples », a déclaré Lula.
Cette prise de position intervient dans un contexte de fortes tensions entre Washington et plusieurs pays d’Amérique latine. Dans son propre discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, Donald Trump a revendiqué la puissance militaire américaine et défendu les opérations menées contre l’Iran et au Venezuela.
De son côté, Lula, qui s’est exprimé avant Trump lors de l’ouverture du débat général, a appelé au renforcement du multilatéralisme et dénoncé les ingérences étrangères. Dans son discours, il a notamment affirmé que le Brésil « ne rentre dans la cour de personne », réaffirmant la souveraineté nationale et le respect de l’autodétermination des peuples.
Au-delà du face-à-face entre Washington et Brasilia, les déclarations du président brésilien relancent le débat sur les limites du recours à la force, la souveraineté des États et le rôle des Nations unies dans la prévention et le règlement des conflits










