Accueil / TRANSPORT / Carburant d’aviation : l’Europe se tourne vers le Nigeria et la Corée du Sud face au déficit annoncé

Carburant d’aviation : l’Europe se tourne vers le Nigeria et la Corée du Sud face au déficit annoncé

L’Europe devrait faire face à un déficit de carburant d’aviation de 510 000 barils par jour au quatrième trimestre 2026, selon les prévisions du cabinet Energy Aspects rapportées par Reuters. Cette tension intervient alors que les perturbations des approvisionnements en provenance du Moyen-Orient ont profondément modifié les flux du marché.

Les stocks de carburant d’aviation dans le principal hub pétrolier d’Amsterdam-Rotterdam-Anvers (ARA) ont atteint leur plus bas niveau depuis sept ans au cours de la semaine du 10 septembre, accentuant les inquiétudes sur les capacités d’approvisionnement européennes.

Face à cette situation, les acheteurs européens diversifient leurs sources d’approvisionnement. La Corée du Sud s’impose notamment comme un fournisseur de plus en plus important.

Selon les données de Kpler, les importations européennes de carburant d’aviation en provenance de Corée du Sud devraient atteindre environ 129 000 barils par jour en septembre, soit leur niveau le plus élevé depuis octobre 2022. La hausse s’explique notamment par une production accrue des raffineries sud-coréennes et par des conditions de marché rendant les exportations vers l’Europe plus attractives

.Le Nigeria participe également à cette recomposition des approvisionnements. La raffinerie Dangote, située près de Lagos, a exporté environ 80 000 barils par jour de carburant d’aviation vers l’Europe au deuxième trimestre 2026, contribuant à hauteur d’environ 13 % au déficit européen anticipé, selon Reuters

.Les États-Unis et le Canada figurent également parmi les fournisseurs sollicités par les acheteurs européens depuis la perturbation des flux en provenance du Moyen-Orient.

Energy Aspects prévoit, parallèlement au déficit européen, un excédent de 18 000 barils par jour aux États-Unis et de 419 000 barils par jour dans la région Asie-Pacifique au quatrième trimestre. Cette différence contribue à réorienter les flux internationaux de carburant d’aviation vers l’Europe.

Il ne s’agit toutefois pas d’une pénurie généralisée déjà constatée dans l’ensemble du continent, mais d’une prévision de déséquilibre entre l’offre et la demande. Elle illustre néanmoins la dépendance croissante de l’Europe aux approvisionnements extérieurs et la place désormais occupée par les capacités de raffinage africaines et asiatiques dans la sécurisation de son marché énergétique

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *