
Face à l’évolution récente des prix de plusieurs produits de consommation courante, notamment les viandes, les légumes et certains services, le ministère de l’Industrie et du Commerce a organisé, ce jeudi 10 septembre 2026, une rencontre de concertation avec les différents acteurs concernés. La réunion, présidée par le secrétaire général du ministère, Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye, représentant le ministre de l’Industrie et du Commerce, Dr Serigne Diop Guèye, a réuni des représentants de l’administration, des organisations professionnelles, des associations de consommateurs ainsi que des partenaires techniques et financiers.
L’objectif de cette rencontre était d’établir un diagnostic actualisé de la hausse des prix, d’en analyser les causes et de dégager des mesures de correction adaptées, à court et moyen termes.
Les données récentes de suivi des prix font apparaître une progression sensible des prix de plusieurs légumes et viandes sur le marché intérieur. Une situation qui suscite des préoccupations chez les consommateurs et les relais d’opinion.
Les participants ont ainsi été invités à dresser un état des lieux précis de l’évolution des prix, en s’appuyant notamment sur les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), à travers l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC), ainsi que sur les relevés effectués sur le terrain par les services régionaux du commerce.
Les travaux doivent également permettre d’identifier les principaux facteurs à l’origine de cette évolution : effets saisonniers, niveau de l’offre, difficultés d’approvisionnement, coûts de production et de transport, éventuelles pratiques spéculatives, mais aussi facteurs conjoncturels ou structurels.
Prenant la parole au nom du ministre de l’Industrie et du Commerce, le secrétaire général Seydina Aboubacar Sadikh Ndiaye a souligné l’importance de la concertation pour apporter une réponse efficace à la pression exercée sur le pouvoir d’achat.
« Nous sommes réunis aujourd’hui à un moment charnière pour notre nation. Si nous avons répondu à l’appel de ces concertations nationales, ce n’est pas par hasard. C’est par nécessité », a-t-il déclaré.
Selon lui, la question des prix dépasse le seul cadre économique. « Elle est humaine. Elle touche directement à la table du foyer et, ultimement, à la dignité », a-t-il insisté.
Le secrétaire général a relevé les tensions observées sur les prix de certains produits, notamment les légumes, le poisson et les loyers, qui pèsent sur le pouvoir d’achat des ménages. Il a toutefois appelé à distinguer les produits dont les prix sont encadrés par l’État de ceux soumis aux mécanismes du marché.
Il a notamment rappelé que plusieurs produits dont les prix sont administrés sont restés relativement stables par rapport à la période de référence, citant notamment le pain, la farine et l’huile.
Pour les produits actuellement sous tension, notamment la viande et les légumes, il a appelé à une analyse objective des mécanismes qui déterminent les prix
.« Nous ne sommes pas ici pour déplorer une situation, mais pour chercher ensemble des solutions », a-t-il martelé, estimant que la réponse ne pouvait pas venir d’une décision unilatérale du gouvernement.
« La solution ne viendra pas d’une décision unilatérale, mais d’une intelligence collective », a-t-il ajouté, invitant les opérateurs économiques à faire preuve de responsabilité et à contribuer à éviter les phénomènes de spéculation.
S’adressant aux associations de consommateurs, il a également souligné leur rôle dans l’identification des difficultés rencontrées par les ménages. Aux experts et représentants des différents départements ministériels, il a demandé d’aller au-delà des symptômes afin de s’attaquer aux causes structurelles
.« Nous ne voulons pas de solutions de surface qui disparaissent au lendemain de cette rencontre. Nous voulons mettre en place des mécanismes qui protègent durablement le pouvoir d’achat du peuple sénégalais », a-t-il déclaré.
Le secrétaire général du ministère de la Pêche et de l’Économie maritime, représentant la ministre Dr Amy Mara Dièye, a pour sa part insisté sur la nécessité de garantir un approvisionnement régulier en produits halieutiques à des prix accessibles, tout en préservant l’équilibre économique des acteurs de la filière.
Il a rappelé que l’évolution du prix du poisson est liée à plusieurs facteurs intervenant tout au long de la chaîne, depuis la capture jusqu’à la commercialisation.
Parmi ces facteurs figurent notamment le coût du carburant supporté par les pêcheurs, les conditions météorologiques, les besoins en glace pour assurer la conservation des captures et les difficultés de transport et d’acheminement dans certaines zones.
« Une fois que le poisson est capturé, il y a un ensemble d’opérations qui permettent de préserver sa qualité et de garantir la sécurité alimentaire », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’ensemble de ces charges se répercute nécessairement sur le prix final payé par le consommateur. Il a donc plaidé pour une meilleure maîtrise des différents facteurs qui interviennent dans la formation du prix.
« Pour une stabilisation durable du prix du poisson, nous devons nécessairement agir sur la ressource et sur les facteurs qui influencent son coût », a-t-il souligné, appelant l’ensemble des acteurs à participer de manière responsable à la recherche de solutions.
Le président de l’Association sénégalaise des consommateurs, Momar Ndao, a également insisté sur l’importance des produits de première nécessité dans le quotidien des ménages.
Il a estimé que la question du coût de ces produits constitue un enjeu majeur pour le pouvoir d’achat des Sénégalais et a salué l’initiative du ministère visant à réunir autour de la même table l’ensemble des acteurs de la chaîne.
« L’idée aujourd’hui est de mettre l’ensemble des acteurs en commun pour mettre en place un système efficace de régulation », a-t-il indiqué.
Momar Ndao a notamment appelé à revoir les mécanismes de formation des prix afin de permettre à chaque maillon de la chaîne de préserver son activité tout en garantissant des prix acceptables pour les consommateurs.
Il a insisté sur la nécessité de rechercher un équilibre entre les intérêts des producteurs, des commerçants et des consommateurs, afin d’éviter que les fluctuations de certains marchés ne se traduisent par une pression excessive sur les ménages.
À l’issue de la rencontre, trois groupes de travail restreints, placés sous la coordination de la Direction du Commerce intérieur (DCI), ont été retenus pour approfondir l’analyse.
Groupe 1 – Viande :Direction de l’Élevage, SOGAS, COGASI et DCSC/Direction du Commerce intérieur.
Groupe 2 – Légumes :Direction de l’Horticulture, ARM, producteurs de légumes et Service régional du commerce de Dakar.
Groupe 3 – Autres produits et services :Senelec, Conarel, agences immobilières et DPNAS-DFDS/Direction du Commerce intérieur.
Ces groupes devront notamment formuler des propositions portant sur la régulation des marchés, l’approvisionnement, la surveillance des prix et la communication auprès des consommateurs.
Les travaux devront être restitués sous la forme d’une fiche synthétique destinée à la hiérarchie. Ce document devra présenter l’état des lieux de la hausse des prix, son ampleur et son rythme, établir des comparaisons avec les périodes précédentes et analyser les principaux facteurs explicatifs.
Il devra également formuler des mesures d’atténuation immédiates ainsi que des solutions de moyen terme, en précisant leurs conditions de mise en œuvre.
À travers cette démarche, le gouvernement entend privilégier le dialogue entre les pouvoirs publics et les opérateurs économiques afin de parvenir à des réponses concrètes et durables à la pression sur les prix et, plus largement, à la préservation du pouvoir d’achat des ménages sénégalais.
L’ordre du jour de la rencontre portait sur quatre principaux points : l’état des lieux de la hausse des prix, l’analyse des causes de l’inflation sur les marchés locaux, les propositions de mesures d’atténuation immédiates et les divers.
Moussa Diba










