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JUS-DER : la DER/FJ et l’UMS unissent leurs forces pour la réinsertion et l’inclusion par l’entrepreneuriat

La Délégation générale à l’Entrepreneuriat rapide des Femmes et des Jeunes (DER/FJ) et l’Union des magistrats sénégalais (UMS) ont signé, ce mardi 8 septembre 2026, une convention de partenariat dans le cadre du projet JUS-DER – Justice, Inclusion et Entrepreneuriat. La cérémonie s’est tenue en présence du délégué général de la DER/FJ, Dr Abdoulaye Niane, et du président de l’UMS, Me Cheikh Ba.

À travers cette convention, les deux institutions entendent mettre leurs expertises respectives au service de l’inclusion économique, de l’insertion professionnelle et de la prévention de la récidive par l’entrepreneuriat.

L’objectif est de formaliser une collaboration institutionnelle destinée à accompagner et à sécuriser juridiquement les initiatives entrepreneuriales des femmes et des jeunes, tout en développant un dispositif spécifique en faveur des personnes ayant un passé pénal et des jeunes diplômés en droit.

Prenant la parole, le délégué général de la DER/FJ, Dr Abdoulaye Niane, a insisté sur la dimension profondément humaine de cette initiative.

Selon lui, une peine doit avoir une fin et ne devrait pas se transformer en « condamnation à vie ». La sortie de prison, a-t-il souligné, doit pouvoir s’accompagner d’une véritable perspective de réinsertion sociale et économique.

« Lorsqu’une personne sort de prison sans accompagnement, sans perspective et sans activité, le risque est de la voir retomber dans le même cycle », a-t-il expliqué, estimant qu’à l’inverse, l’accès à la formation, au travail et à l’entrepreneuriat permet de reconstruire progressivement une place dans la société.

À travers JUS-DER, la DER/FJ entend ainsi faire de la réinsertion un véritable retour à la vie sociale et à l’activité économique. L’institution mettra à contribution son expérience en matière d’accompagnement entrepreneurial, ses instruments de financement ainsi que son maillage territorial.

L’UMS, de son côté, apportera son expertise juridique, notamment dans la sensibilisation, la vulgarisation du droit et la sécurisation des initiatives économiques.

Le dispositif prévoit notamment, lorsque les conditions seront réunies, l’accès à des formations, à des kits d’amorçage ou encore à des solutions de microcrédit adaptées aux bénéficiaires.

Le délégué général de la DER/FJ a également cité l’expérience d’un GIE disposant d’une unité de production de détergents, où la majorité des travailleurs sont d’anciens détenus. Une expérience qui, selon lui, démontre que l’activité économique peut constituer un puissant levier de reconstruction personnelle et sociale.

Le projet ne se limite toutefois pas aux anciens détenus. Il comporte également un volet destiné aux étudiants titulaires d’un master en droit.

L’objectif est de renforcer leur formation pratique et de les préparer aux évolutions du métier, notamment face aux nouveaux enjeux liés à la digitalisation, au numérique et à la transformation des outils de l’économie.

Il est notamment envisagé de développer des formations continues, voire des certifications dans certains domaines du droit. Les futurs avocats, notaires, consultants et autres professionnels du secteur pourront ainsi être confrontés davantage aux réalités pratiques du métier et aux nouveaux domaines auxquels la justice est quotidiennement confrontée.

Pour sa part, le président de l’Union des magistrats sénégalais, Me Cheikh Ba, a présenté la convention comme bien plus qu’un simple acte protocolaire.

Selon lui, elle traduit une volonté commune de faire converger justice, accompagnement économique et prévention de la délinquance.

L’UMS s’engage notamment à mobiliser l’expertise de ses membres et de partenaires pour organiser des ateliers de vulgarisation juridique au profit des femmes, des jeunes entrepreneurs et des anciens détenus.

Les magistrats pourront également contribuer à la sécurisation juridique des projets, notamment en matière de contrats civils, commerciaux et sociaux, de recouvrement de créances et de procédures civiles d’exécution.

L’Union entend par ailleurs accompagner la formalisation des initiatives entrepreneuriales et participer à l’élaboration de guides pratiques consacrés au droit des affaires, au droit du numérique et aux règles essentielles applicables aux micro, petites et moyennes entreprises.

Un dispositif d’orientation juridique pour la réhabilitation des personnes ayant un passé pénal est également prévu, de même que la mise en place de réseaux de mentorat avec l’appui de professionnels du droit.

Pour Me Cheikh Ba, l’engagement de l’UMS dans cette démarche s’inscrit dans une conception plus large de la mission des magistrats. Au-delà de la défense des intérêts de ses membres, l’organisation entend contribuer à l’amélioration du service public de la justice et au renforcement de la confiance des populations envers l’institution judiciaire.

Le président de l’UMS a ainsi plaidé pour une justice perçue comme porteuse de solutions, capable de participer à la prévention et à l’accompagnement social.

Les deux institutions affichent plusieurs résultats attendus : une réduction de la récidive parmi les personnes accompagnées grâce à l’ouverture de débouchés économiques, une insertion professionnelle durable des jeunes et des femmes, notamment des diplômés, ainsi que la création d’un modèle de coopération institutionnelle susceptible d’être reproduit.

La réussite de JUS-DER dépendra toutefois de sa mise en œuvre effective, d’une évaluation régulière des résultats et de la capacité des deux partenaires à adapter le dispositif aux réalités du terrain.

À travers cette convention, la DER/FJ et l’UMS entendent démontrer que justice et réinsertion, sécurité et réhabilitation, droit et entrepreneuriat peuvent se renforcer mutuellement lorsqu’ils sont placés au service de l’humain.

« Autonomiser par le Droit et l’Économie pour une Réinsertion Durable » : telle est l’ambition affichée derrière le projet JUS-DER.

Moussa Diba

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