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Bourses de sécurité familiale : la reprise des paiements annoncée d’ici fin septembre 2026

La reprise du paiement des Bourses de sécurité familiale (PNBSF) interviendra d’ici à la fin du mois de septembre 2026. L’annonce a été faite ce lundi 7 septembre par la ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, Marie Angélique Mame Selbé Diouf, lors d’une rencontre d’information et de partage avec les élus locaux et les journalistes spécialisés dans la protection sociale.

Organisée par la Délégation générale à la Protection sociale et à la Solidarité nationale (DGPSN), cette rencontre avait pour objectif de partager les informations relatives à la reprise des paiements, au processus de recertification des bénéficiaires et aux nouvelles orientations du Programme national de bourses de sécurité familiale.

La rencontre s’est tenue en présence notamment de la ministre Marie Angélique Mame Selbé Diouf, de Massaer Dia, président du Réseau des journalistes en protection sociale, de Mamadou Oury Diallo, président du réseau des élus locaux, ainsi que des partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale.

À l’issue du processus de recertification, le nombre de ménages bénéficiaires du PNBSF devrait atteindre 469 497 en 2026, contre 355 013 en 2024

.L’enveloppe financière consacrée au programme passe également de 52 milliards à 70 milliards de francs CFA pour l’année 2026.

Les paiements seront effectués à travers les guichets de La Poste et les plateformes de mobile money, afin de faciliter l’accès des bénéficiaires aux allocations sur l’ensemble du territoire national.

La ministre a expliqué que la période de suspension des paiements a notamment permis de procéder à un état des lieux du programme et de mettre en œuvre un processus de recertification destiné à améliorer le ciblage.

« L’objectif est simple : bien cibler pour mieux protéger », a-t-elle souligné, mettant en avant le rôle du Registre national unique (RNU), appelé à devenir la référence commune pour l’identification et le ciblage des ménages pauvres et vulnérables.

Selon Marie Angélique Mame Selbé Diouf, la recertification ne constitue ni une sanction ni un retrait arbitraire des droits. Elle vise à vérifier de manière rigoureuse et objective la situation socio-économique des ménages afin de maintenir dans le programme ceux qui en ont toujours besoin et de permettre à de nouveaux ménages vulnérables d’y accéder.

La ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer la gouvernance du RNU, sa mise à jour et son interopérabilité avec les autres systèmes d’information de l’État.

Elle a appelé les journalistes et les élus locaux à jouer pleinement leur rôle de relais auprès des populations. Les médias devront contribuer à fournir une information claire et pédagogique sur les modalités et le calendrier de reprise des paiements, tandis que les élus locaux sont invités à assurer un rôle de proximité, d’écoute et d’apaisement.

Pour le gouvernement, la reprise des paiements ne constitue pas seulement une opération administrative. Elle doit ouvrir une nouvelle étape dans l’évolution du système national de protection sociale.

Le PNBSF vise à contribuer à la lutte contre la pauvreté, la vulnérabilité et l’exclusion sociale, tout en favorisant l’accès des ménages aux services essentiels, notamment dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’état civil.

La ministre a également plaidé pour une évolution progressive d’une logique de soutien à court terme vers un modèle davantage axé sur la résilience et l’autonomisation économique des ménages.

Des initiatives liées à la résilience agricole, à la formation, aux subventions et à l’accompagnement des activités génératrices de revenus doivent ainsi contribuer à cette transformation.

Plusieurs orientations sont déjà envisagées pour 2027, notamment :

● une augmentation sensible du montant des allocations et une extension de la couverture ;

● une gestion plus dynamique du portefeuille des bénéficiaires, avec la sortie progressive des ménages qui ne répondent plus aux critères ;

● un renforcement de l’inclusion économique grâce à des programmes d’accompagnement dédiés ;

● la création de passerelles vers les activités génératrices de revenus (AGR) avec les ministères sectoriels et les structures de financement.

La rencontre a également permis de formuler plusieurs recommandations.

Sur le plan de la gouvernance des données, il est recommandé de vulgariser davantage le RNU, d’assurer sa mise à jour dynamique et de croiser ses données d’identification avec celles de la Direction de l’Automatisation du Fichier (DAF).

Les participants préconisent également d’accélérer l’interopérabilité entre le système d’information du RNU et ceux des autres programmes sociaux, de réaliser une étude de référence (Baseline) du PNBSF pour faciliter les évaluations futures et de garantir un financement durable du programme.

Le recentrage du PNBSF sur ses objectifs initiaux, notamment l’éducation, la santé et l’état civil, figure également parmi les recommandations. Un cadre légal d’enrôlement des détenteurs de certaines catégories spécifiques de cartes d’identification est enfin préconisé.

Pour Monsieur Massaer Dia, président du Réseau des journalistes en protection sociale, la communication constitue un élément déterminant de la réussite de la reprise.

Il a rappelé que le réseau, créé en décembre 2021 avec l’accompagnement de la DGPSN, œuvre à améliorer le traitement médiatique des questions liées à la protection sociale et au renforcement des capacités des journalistes.

Selon lui, « la protection sociale n’est pas une dépense, mais plutôt un investissement », notamment dans la santé, l’éducation et la résilience des familles.

Il a plaidé pour davantage de financement, une meilleure coordination entre les ministères, les collectivités territoriales et les partenaires, ainsi qu’une plus grande transparence dans la gestion des programmes sociaux.

De son côté, Mamadou Oury Diallo, président du réseau des élus locaux, a salué la reprise du programme, estimant qu’elle constitue une réponse importante aux attentes des populations vulnérables.

Il a insisté sur la nécessité d’améliorer l’information des bénéficiaires et de faciliter leurs démarches afin d’éviter les déplacements inutiles et les difficultés lors du retrait des allocations.

Les élus locaux, a-t-il souligné, sont disposés à accompagner la DGPSN dans la mise en œuvre du programme et à assurer un relais de proximité auprès des populations.

Représentant la Banque mondiale, Dame Thiam a pour sa part salué l’organisation de cette rencontre, estimant que la circulation d’une information claire auprès des journalistes, des élus et des populations est essentielle à la réussite du programme.

Il a rappelé l’importance du RNU dans le ciblage des ménages pauvres et vulnérables et réaffirmé la disponibilité de la Banque mondiale à poursuivre son accompagnement technique et financier du gouvernement sénégalais dans le domaine de la protection sociale.

Pour la ministre Marie Angélique Mame Selbé Diouf, cette reprise doit ainsi contribuer à bâtir une protection sociale plus juste, plus transparente, plus dynamique, plus efficace et plus humaine, capable de protéger les populations vulnérables aujourd’hui tout en créant les conditions de leur autonomisation demain.

Moussa Diba

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