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Seynabou Sankarè : « La date des élections doit être préparée avec rigueur, pas dans la précipitation »

Lors d’une interview, Seynabou Sankarè s’est prononcée sur la prochaine échéance électorale, les contraintes techniques liées au fichier électoral et la situation économique du Sénégal.

Elle appelle à anticiper les difficultés afin de garantir un processus électoral crédible et maîtrisé.Sur la date des élections : anticiper pour éviter les blocages

Interrogée sur la date des prochaines élections, Seynabou Sankarè rappelle que le Président de la République dispose de la possibilité de convoquer le corps électoral 150 jours avant le scrutin.

Selon elle, cette échéance doit toutefois être pensée en tenant compte des contraintes techniques qui entourent l’organisation du scrutin

.« Le Président peut convoquer le corps électoral 150 jours avant les élections et, en même temps, il peut faire une révision exceptionnelle d’un ou deux mois », explique-t-elle.

Pour Seynabou Sankarè, l’un des premiers problèmes à régler concerne les cartes nationales d’identité. Les cartes éditées en 2017 arrivent à expiration en mars 2027. Il faudra donc, estime-t-elle, anticiper cette question et envisager une prolongation de leur validité par la voie législative.

« Déjà, on a un problème : les cartes d’identité ont été éditées en 2017 et vont être périmées en mars 2027. D’abord, il faut régler la validité des cartes d’identité. Il faudra une loi pour leur prolongation, ainsi que beaucoup de problèmes techniques qu’il faut régler », souligne-t-elle.

Elle estime également nécessaire d’ouvrir rapidement des discussions avec les formations politiques sur les cautionnements électoraux, afin de permettre au ministère de l’Intérieur de prendre les dispositions appropriées.

Pour elle, la question de la date des élections ne peut donc pas être isolée de l’ensemble de ces paramètres. La préparation technique doit précéder la bataille politique.Sur le FMI : « Il ne faut pas réduire l’accord à un simple chèque »Au cours de la même interview, Seynabou Sankarè est également revenue sur l’accord conclu avec le Fonds monétaire international

.Elle rappelle avoir évoqué précédemment les retombées du paiement anticipé de deux échéances de la dette souveraine en septembre 2025 et avoir annoncé que de « bonnes nouvelles » étaient attendues.

Elle adresse ainsi ses félicitations au Président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, au ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Cheikh Diba, au Premier ministre Al Amine Lo, ainsi qu’à l’ensemble des acteurs ayant contribué aux négociations.

Selon elle, le Sénégal est désormais engagé dans une nouvelle séquence visant à restaurer sa crédibilité économique et financière.

Seynabou Sankarè met cependant en garde contre les raccourcis dans la présentation de l’accord avec le FMI.

« Ce n’est pas simplement que le FMI va donner 1 250 milliards au Sénégal. C’est plutôt un accord technique de financement sur trois ans, assorti d’un programme de redressement des finances publiques et d’une restructuration de la dette, qui doit permettre au Sénégal de retrouver une capacité normale de financement », explique-t-elle.

Elle revient également sur l’emprunt de 750 millions de dollars, soit environ 452 milliards de FCFA, réalisé en juin 2024 avec JP Morgan Londres comme intermédiaire.

Elle estime que les interrogations soulevées à l’époque sur le choix de cet intermédiaire, les critères de sélection, la transparence de l’opération et son coût pour le contribuable demeurent légitimes

.« La politique économique ne se résume pas aux polémiques »

Pour Seynabou Sankarè, le débat actuel doit surtout porter sur les résultats et les perspectives.

Elle souligne notamment l’enveloppe de financement annoncée, l’apurement d’une partie de la dette du secteur privé, l’augmentation annoncée des bourses familiales et la volonté du gouvernement de mieux cibler les subventions énergétiques.

Elle rappelle également que la hausse du prix du pétrole sur les marchés internationaux constitue un facteur de risque pour l’économie sénégalaise.

Dans ce contexte, elle considère que le Sénégal doit éviter les polémiques stériles et se concentrer sur la reconstruction économique.

« Nous avons une nation à reconstruire », affirme-t-elle.

Pour Seynabou Sankarè, l’heure est donc à la responsabilité, à la rigueur et à l’anticipation, aussi bien dans la préparation des élections que dans la gestion économique du pays.

Et à ceux qui, selon elle, multiplient les accusations sans apporter d’arguments solides, elle adresse une formule : « Ça brasse du vent. »

Elle évoque également une « faillite argumentative » lorsque le débat politique se substitue à l’analyse des faits et des chiffres.

Propos recueillis lors d’une interview de Seynabou Sankarè.

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