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Littérature : Aboubacry Thiam explore les « racines invisibles » entre le Maroc et le Sénégal

Le monde littéraire et culturel sénégalais s’est retrouvé, ce samedi 29 août 2026, autour de la présentation et de la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Les racines invisibles : Maroc-Sénégal, mémoire d’un lien », de l’auteur Aboubacry Thiam.

À travers ce livre, l’auteur revisite les liens historiques, culturels, spirituels, économiques et humains qui unissent le Maroc et le Sénégal depuis plusieurs siècles. Une relation qui, selon lui, dépasse largement le cadre diplomatique et institutionnel pour s’enraciner dans les échanges humains, intellectuels, religieux et culturels.

Prenant la parole lors de la cérémonie, Aboubacry Thiam a expliqué que son ouvrage est aussi né d’un contexte particulier : les tensions apparues entre Sénégalais et Marocains à la suite de la finale de la Coupe d’Afrique des nations.

L’auteur, qui a étudié, vécu et travaillé au Maroc, estime avoir un devoir de témoignage face à cette relation qu’il considère comme exceptionnelle.

« J’ai utilisé le prétexte de la finale de la Coupe d’Afrique, qui avait créé des tensions entre nos deux peuples, pour témoigner de cette relation », a-t-il expliqué.

Pour Aboubacry Thiam, ces tensions sportives ne doivent pas occulter la profondeur des liens qui existent entre les deux pays. Il considère son ouvrage comme une contribution visant à « rétablir beaucoup de choses » et à rappeler aux deux peuples la richesse de leur histoire commune.

Dans son livre, l’auteur aborde plusieurs dimensions de la relation maroco-sénégalaise, notamment l’histoire, l’économie, la culture et la spiritualité. Il insiste particulièrement sur les multiples circulations humaines qui, au fil des siècles, ont contribué à rapprocher les deux sociétés.

« Le Maroc et le Sénégal partagent un destin commun », soutient-il, soulignant l’existence de liens si anciens et si profonds qu’ils constituent, selon son expression, de véritables « racines invisibles ».

L’auteur évoque ainsi les nombreux Marocains ayant vécu ou travaillé au Sénégal, mais également les Sénégalais qui ont fait du Maroc un espace d’études, de travail, de commerce et d’échanges. Pour lui, cette proximité humaine constitue l’un des fondements essentiels de la relation entre les deux peuples.

Revenant sur les tensions liées au football, Aboubacry Thiam appelle également à relativiser les rivalités sportives

.« Il y aura forcément un vainqueur et un vaincu. Ce sera peut-être le Sénégal ou ce sera le Maroc. De toute façon, c’est le sport », a-t-il déclaré, estimant que les tensions suscitées par la compétition peuvent progressivement s’apaiser.

Selon lui, les crispations observées après la finale ont déjà commencé à s’estomper. Il évoque notamment son récent séjour au Maroc, où il dit avoir constaté que les discussions autour de cet épisode étaient progressivement reléguées au second plan.

Il estime également que d’autres événements sportifs, notamment la Coupe du monde, ont contribué à apaiser les esprits et à replacer la rivalité footballistique dans son véritable cadre : celui du sport.

À travers « Les racines invisibles : Maroc-Sénégal, mémoire d’un lien », Aboubacry Thiam veut surtout rappeler que les relations entre les deux pays ne sauraient être réduites à un match de football, à une période de tensions ou aux seules relations diplomatiques.

Son ouvrage se veut une invitation à revisiter une histoire commune faite de mobilités, de rencontres, de spiritualité, de solidarité et d’échanges économiques et culturels.

La cérémonie de présentation et de dédicace a ainsi offert un espace de dialogue entre l’auteur, les acteurs du monde culturel, les universitaires, les chercheurs, les amoureux de la littérature et le grand public.

Avec ce livre, Aboubacry Thiam entend contribuer à une meilleure connaissance de cette relation singulière et rappeler que, derrière les frontières géographiques, existent des liens humains et historiques suffisamment anciens pour constituer de véritables « racines invisibles » entre le Maroc et le Sénégal.

Moussa Diba

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