

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a lancé, le 27 août 2026 à Abuja, au Nigeria, une série de publications stratégiques consacrées à trois décennies d’interventions en faveur de la paix, de médiation et de consolidation de la sécurité dans la région. Une initiative destinée à préserver la mémoire institutionnelle, capitaliser les expériences passées et renforcer les réponses régionales face aux nouvelles menaces sécuritaires.
À Abuja, la CEDEAO entend tirer les leçons de son histoire pour mieux préparer l’avenir. La Communauté a procédé, jeudi 27 août 2026, au lancement d’un ensemble de publications stratégiques retraçant plusieurs décennies d’engagement régional dans la prévention et la gestion des conflits, les opérations de maintien de la paix et les efforts de médiation.
À travers cette initiative, l’organisation régionale veut constituer un véritable patrimoine de connaissances permettant de documenter les expériences accumulées au fil des crises traversées par l’Afrique de l’Ouest. Les publications mettent notamment l’accent sur les enseignements opérationnels et institutionnels susceptibles d’améliorer les futures réponses aux crises sécuritaires.
La cérémonie a réuni à Abuja des responsables politiques, militaires et diplomatiques, des universitaires, des représentants de la société civile ainsi que des partenaires internationaux. Parmi les personnalités présentes figuraient le ministre nigérian de la Défense, le général Christopher Gwabin Musa, le commissaire de la CEDEAO aux Affaires politiques, à la Paix et à la Sécurité, l’ambassadeur Abdel-Fatau Musah, ainsi que le commissaire aux Services internes, Dr Habibu Bappah.
Le président du Comité des représentants permanents de la CEDEAO, l’ambassadeur Nicolas Auguste Nyouky, plusieurs représentants des États membres, ainsi que d’anciens responsables de l’organisation ont également pris part aux échanges.
Des acteurs majeurs de la paix et de la sécurité régionale, notamment l’UNOWAS, le West Africa Network for Peacebuilding (WANEP), le West Africa Civil Society Institute (WACSI) et le Centre for Democracy and Development (CDD), étaient également représentés.
Les discussions ont porté sur la nécessité de préserver et de transmettre le savoir accumulé par la CEDEAO au cours de ses différentes interventions. Pour l’organisation régionale, cette mémoire est essentielle à l’heure où l’Afrique de l’Ouest fait face à des défis sécuritaires de plus en plus complexes, notamment le terrorisme, l’extrémisme violent et les différentes formes d’instabilité politique et sociale.
L’objectif affiché est de promouvoir des réponses davantage fondées sur les données, l’analyse et les enseignements tirés des expériences antérieures. Une démarche qui doit permettre de renforcer l’apprentissage institutionnel et d’améliorer la coopération entre les États et les différents acteurs engagés dans la prévention des conflits.
La cérémonie d’Abuja a également été marquée par un hommage aux hommes et aux femmes qui ont contribué, parfois au péril de leur vie, aux efforts de paix dans la sous-région.
Les anciens commandants de l’ECOMOG, ainsi que leurs adjoints, ont été honorés pour leur rôle dans les opérations régionales de maintien de la paix. Des journalistes ayant couvert les guerres civiles depuis les lignes de front ont également reçu une reconnaissance pour leur courage et leur contribution à la documentation des conflits.
À travers cet hommage, la CEDEAO a voulu rappeler que son histoire en matière de paix et de sécurité ne se résume pas aux institutions et aux opérations. Elle est aussi celle de femmes et d’hommes ayant œuvré sur le terrain dans des contextes souvent extrêmement difficiles.Le lancement de ces publications constitue ainsi, pour la CEDEAO, à la fois un exercice de mémoire et un outil de prospective.
En documentant trois décennies d’expériences, l’organisation entend renforcer sa capacité collective à anticiper et à répondre aux crises qui continuent de peser sur la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.










