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OCI : Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, une nouvelle victoire diplomatique pour la Mauritanie

La Mauritanie vient de décrocher un nouveau succès diplomatique de premier plan. Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, ancien ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, a été élu secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), jeudi à Djeddah, au terme d’une session consacrée à la désignation du nouveau dirigeant de cette importante organisation du monde musulman.

Cette élection constitue une première pour la Mauritanie et vient conforter la montée en puissance de Nouakchott sur la scène diplomatique internationale.

Né en 1960 à Nouakchott, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed est diplômé en sciences sociales et en économie. Sa carrière a toutefois été largement consacrée à la diplomatie et à la gestion des crises internationales.

Après avoir occupé le portefeuille des Affaires étrangères de la Mauritanie, il a poursuivi sa carrière au sein du système des Nations unies. Il a notamment été envoyé spécial de l’ONU pour le Yémen entre 2015 et 2018, avant d’exercer les fonctions de coordinateur résident du système des Nations unies en Tunisie.

Réputé pour son sens de l’écoute, son calme et ses capacités de médiation, le nouveau secrétaire général de l’OCI maîtrise l’arabe, le français et l’anglais. Son parcours l’a conduit à travailler sur plusieurs dossiers particulièrement sensibles, notamment les crises malienne, yéménite et libyenne.

L’élection d’Ismaïl Ould Cheikh Ahmed intervient dans un contexte marqué par plusieurs succès de la diplomatie mauritanienne.

En 2025, Sidi Ould Tah avait été élu à la présidence de la Banque africaine de développement (BAD). La nomination de Zeine Ould Zeidane à un poste stratégique au Fonds monétaire international (FMI), à la tête du département Afrique, est également venue renforcer la présence de cadres mauritaniens dans les grandes institutions internationales.

Pour plusieurs observateurs, ces avancées traduisent une diplomatie mauritanienne discrète, mais particulièrement active dans les coulisses.

Le ministre mauritanien des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Merzoug, est présenté comme l’un des artisans de cette dynamique. L’ancien dirigeant de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) a contribué à renforcer la visibilité de Nouakchott dans les espaces diplomatiques régionaux et internationaux.

La Mauritanie ne compte toutefois pas s’arrêter là. Nouakchott mène également une campagne en faveur de la candidature de l’ancienne ministre Coumba Bâ au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)

Après la BAD et désormais l’OCI, l’éventuelle conquête de la direction de l’OIF constituerait un nouveau succès majeur pour la diplomatie mauritanienne.

À la tête de l’OCI, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed hérite cependant d’une mission particulièrement complexe.

L’organisation, qui regroupe 57 États, constitue l’une des principales plateformes diplomatiques du monde musulman. Parmi les dossiers prioritaires figurent la situation en Palestine et à Gaza, la lutte contre l’islamophobie et les discours de haine, ainsi que les nombreuses crises qui traversent l’espace islamique.

Le Soudan, le Yémen, l’Afghanistan, la situation sécuritaire au Sahel, le terrorisme et la multiplication des crises politiques et militaires constituent autant de dossiers sur lesquels l’OCI est appelée à renforcer son rôle diplomatique et sa capacité de médiation.

À ces enjeux géopolitiques s’ajoutent des défis économiques et sociaux : pauvreté, accès à l’éducation, développement et amélioration du fonctionnement interne d’une organisation confrontée à des lourdeurs institutionnelles.

En succédant au Tchadien Hissein Brahim Taha, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed devient ainsi le premier Mauritanien à diriger l’OCI.

Pour Nouakchott, cette élection dépasse donc la simple consécration d’un diplomate chevronné. Elle constitue une nouvelle démonstration de son ambition de renforcer sa présence dans les grandes institutions internationales.

De Djeddah à New York, en passant par Abidjan et Washington, la Mauritanie semble désormais vouloir occuper davantage d’espace dans les centres de décision internationaux.

Espace Afrique

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