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Guinée-Bissau : après le fiasco de la mission de la CEDEAO, la junte mobilise pour le référendum constitutionnel

Les Bissau-Guinéens sont appelés aux urnes, dimanche 30 août 2026, pour se prononcer sur un projet de modification de la Constitution soumis à référendum. Un scrutin fortement contesté par une partie de la classe politique et de la société civile, qui dénoncent notamment les conditions de son organisation et l’absence d’un véritable débat contradictoire.

Quelques semaines après la mission de médiation et d’évaluation de la CEDEAO à Bissau, les tensions politiques demeurent vives. La transition militaire conduite par le général Horta N’Tam entend maintenir le cap de son agenda institutionnel, malgré les réserves exprimées par l’opposition et plusieurs organisations de la société civile.

La particularité de ce référendum réside dans la faible implication, voire l’absence, des principales formations politiques et des organisations de la société civile dans la campagne référendaire.

Selon des informations rapportées par Confidentiel Afrique, les autorités auraient soumis toute participation des partis politiques et des organisations de la société civile à la campagne du « Oui » ou du « Non » à une autorisation préalable de la Cour suprême.

Cette décision est vivement critiquée par plusieurs responsables politiques et acteurs de la société civile, qui la considèrent comme une restriction excessive de l’espace démocratique. Le PAIGC et d’autres composantes de l’opposition ont ainsi appelé au boycott du scrutin.

Dans ce contexte, la participation populaire constitue l’un des principaux enjeux de cette consultation référendaire, dont les résultats pourraient ouvrir la voie à une profonde recomposition institutionnelle du pays.

Une importante délégation de la CEDEAO avait séjourné récemment à Bissau dans le cadre d’une mission de médiation et d’évaluation. La délégation était conduite par le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères et comprenait notamment le président de la Commission de la CEDEAO ainsi que les ministres sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Niang, et de la Défense, Yankoba Diémé.

Cette mission intervenait dans un contexte de fortes tensions politiques, alors que les autorités de transition cherchent à accélérer la mise en œuvre de leur calendrier électoral et institutionnel.

La mission sous-régionale n’a toutefois pas permis, à ce stade, de dégager un consensus entre les autorités de transition, l’opposition et la société civile sur les modalités de la transition et l’organisation du processus référendaire.

Face aux appels au boycott lancés par une partie de la classe politique et de la société civile, les autorités militaires cherchent désormais à renforcer la mobilisation autour du scrutin.

L’armée aurait ainsi sollicité l’appui des responsables religieux ainsi que des chefs traditionnels et coutumiers afin d’encourager la population à participer au référendum du 30 août.

Pour les autorités de transition, l’objectif est de donner au scrutin une forte participation populaire et une légitimité suffisante pour engager la prochaine étape du processus institutionnel.

Pour leurs détracteurs, en revanche, le référendum apparaît comme une étape destinée à consolider l’influence de l’actuel pouvoir militaire sur les institutions du pays.

À une semaine du vote, la Guinée-Bissau reste donc plongée dans une atmosphère politique particulièrement tendue. Entre une junte déterminée à poursuivre son agenda, une opposition qui appelle au boycott et une société civile qui réclame davantage de garanties démocratiques, le référendum du 30 août s’annonce comme un moment décisif pour l’avenir institutionnel du pays.

Au-delà de la question constitutionnelle, c’est la légitimité du processus de transition et la place future des militaires dans la gouvernance de la Guinée-Bissau qui se trouvent désormais au cœur du débat.

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