
À travers cet atelier, les autorités sénégalaises souhaitent faire évoluer la réflexion sur la transformation digitale, en mettant davantage l’accent sur son coût environnemental. Car si le numérique constitue désormais un levier majeur de développement économique, d’innovation et de modernisation des services publics, il génère également une consommation importante de ressources, notamment en énergie.
Le Green Coding, ou programmation verte, désigne l’ensemble des pratiques permettant de concevoir des logiciels moins gourmands en énergie, en mémoire et en bande passante durant leur cycle de vie.
Cela passe notamment par l’optimisation des algorithmes, la réduction des requêtes inutiles vers les serveurs, le choix d’architectures adaptées aux besoins réels, mais également par l’adoption de pratiques responsables en matière de développement, d’hébergement et de mesure de l’impact environnemental des solutions numériques.
« La question qui nous réunit n’est donc pas de savoir s’il faut numériser. Elle est de savoir comment le faire de manière sobre, durable et adaptée à nos réalités », a souligné le représentant du ministre des Télécommunications et du Numérique à l’ouverture des travaux.
Il a insisté sur la nécessité de dépasser le stade de la sensibilisation pour parvenir à des mesures concrètes. Le ministère souhaite ainsi que les deux journées d’échanges débouchent sur des recommandations écrites, susceptibles d’alimenter les travaux du département ministériel et de ses partenaires.
Derrière chaque application, chaque site internet, chaque plateforme ou service numérique se trouvent des infrastructures informatiques qui consomment de l’électricité et mobilisent des ressources.
Selon les éléments présentés lors de l’atelier, le numérique représente aujourd’hui environ 4 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, un niveau supérieur à celui attribué au transport aérien civil. Avec l’augmentation continue des usages numériques, cette empreinte est appelée à progresser si des mesures de sobriété ne sont pas intégrées dès la conception des solutions.
La représentante de la GIZ a ainsi rappelé que la transformation numérique constitue une formidable opportunité pour le développement économique et social du Sénégal, mais qu’elle doit également intégrer la dimension environnementale.
« Pourquoi cet atelier aujourd’hui ? Pour passer de la sensibilisation à l’action : comprendre, mesurer, expérimenter et identifier les leviers applicables au contexte sénégalais », a-t-elle indiqué.
Cette démarche s’inscrit dans les orientations du Sénégal en matière de transformation numérique. Le New Deal Technologique constitue notamment le cadre stratégique à travers lequel l’État entend accélérer la digitalisation du pays, tout en renforçant sa souveraineté numérique.
Le projet Goin’ Digital, mis en œuvre avec l’appui de la GIZ et d’Expertise France, vise précisément à renforcer les capacités des institutions publiques et privées afin de favoriser une transformation numérique durable au Sénégal. Il est soutenu financièrement par l’Union européenne, l’Allemagne et la France.
L’initiative entend notamment améliorer les outils et mécanismes permettant de piloter la transformation numérique durable, renforcer l’écosystème entrepreneurial et d’innovation et mieux outiller les institutions publiques pour développer des offres numériques inclusives.
Durant les deux journées, les participants doivent notamment échanger sur les principes et outils de l’éco-conception logicielle, les méthodes de mesure de l’impact environnemental des solutions numériques, les achats responsables, les pratiques d’hébergement ainsi que les besoins en compétences et en formation.
Une attention particulière sera également accordée à la responsabilité des différents acteurs de la chaîne de valeur numérique : développeurs, entreprises technologiques, administrations, fournisseurs d’infrastructures, hébergeurs, utilisateurs et décideurs publics.
L’objectif est de faire émerger des pistes d’action concrètes et adaptées aux réalités sénégalaises, tout en favorisant la collaboration entre les secteurs public et privé, les universitaires, les experts et la société civile.
La facilitation, la mobilisation des parties prenantes et l’assurance qualité de l’événement sont assurées par AKASSAA, cabinet panafricain spécialisé à l’intersection du numérique, de la communication, du conseil et de l’innovation, aux côtés des équipes du ministère et de la GIZ.
Au-delà des échanges techniques, l’atelier traduit ainsi une ambition plus large : faire de la sobriété numérique un élément à part entière de la transformation digitale du Sénégal et contribuer à positionner le pays comme une référence régionale en matière de numérique durable, inclusif et responsable.
Moussa Diba










