Dans une déclaration publiée le 12 août 2026 à Accra, l’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana (ICCIG) dénonce le recours croissant aux substituts du cacao ainsi que les reformulations de recettes qui permettent de réduire la teneur en cacao tout en conservant des appellations faisant référence au chocolat.
Les deux pays estiment cette évolution préoccupante au regard des efforts considérables demandés aux producteurs et aux filières cacaoyères en matière de traçabilité, de lutte contre la déforestation et de conformité sociale.
Pour l’ICCIG, il existe une contradiction entre ces exigences croissantes imposées à l’amont de la filière et la réduction, en aval, de la quantité de cacao incorporée dans certains produits finis.
L’initiative appelle ainsi à davantage de transparence sur la teneur réelle en cacao, à un encadrement plus rigoureux des allégations liées à la durabilité et à une évaluation de l’impact des reformulations sur les revenus des producteurs.
Abidjan et Accra souhaitent également instaurer un cadre permanent de concertation réunissant producteurs, industriels et régulateurs afin de mieux encadrer l’évolution des recettes et de préserver les intérêts des planteurs.
Cette position s’inscrit dans la dynamique engagée par les deux pays pour bâtir une filière cacaoyère plus durable et surtout plus rémunératrice. Le 16 juin 2026 à Abidjan, les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama avaient déjà réaffirmé leur volonté de renforcer la coopération entre la Côte d’Ivoire et le Ghana en faveur d’une économie cacaoyère durable et profitable aux producteurs.
À travers cette nouvelle alerte, les deux grandes puissances du cacao veulent donc poser une question centrale : peut-on continuer à parler de chocolat tout en réduisant progressivement la place du cacao dans sa composition, sans que le consommateur et le producteur en soient clairement informés ?










