Cette étape nationale, qui se poursuit jusqu’au 15 août, constitue un moment majeur pour les entrepreneurs issus des secteurs de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, de la transformation et de la commercialisation des produits agricoles.
Au total, 1 400 PME ont candidaté à travers la plateforme digitale TérangaHub, à l’issue d’un vaste processus d’identification et d’enrôlement mené dans plusieurs régions du Sénégal. Après évaluation, 125 PME ont été retenues pour prendre part à la finale nationale
À l’ouverture des travaux, le directeur de l’Industrie animale, Dr Fafa Sow, représentant le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, a salué cette initiative destinée à renforcer les entreprises intervenant dans les chaînes de valeur agricoles.
Il a notamment insisté sur l’importance de soutenir les PME qui œuvrent à la valorisation locale des produits agricoles et d’origine animale, particulièrement dans les filières laitière, avicole et caprine. Selon lui, ces entreprises peuvent jouer un rôle déterminant dans la consolidation de la sécurité alimentaire au niveau des communautés.
Le représentant du ministère a également réaffirmé la disponibilité de son département à accompagner les porteurs de projets et les entreprises sélectionnées afin de favoriser leur développement et leur contribution aux objectifs de souveraineté alimentaire du Sénégal.
Pour Mbagnick Faye, directeur de l’Institut des Technologies du Digital (ITD), le Bootcamp s’inscrit pleinement dans les objectifs du projet SALOUMA, qui vise à favoriser l’emploi et l’entrepreneuriat durables des jeunes dans les chaînes de valeur agricoles.
« Il s’agit de former, de challenger et de mobiliser les acteurs », a-t-il expliqué, rappelant que le projet couvre l’ensemble des principales composantes des chaînes de valeur, de la production à la transformation et à la commercialisation, notamment dans l’agriculture, la pêche et l’élevage.
Grâce à une caravane ayant parcouru neuf régions du Sénégal, les équipes du projet ont pu identifier et enrôler des milliers d’acteurs. La plateforme digitale mise en place dans le cadre de l’initiative a permis de mieux connaître les profils des entrepreneurs, leurs activités, leurs besoins et les difficultés auxquelles ils sont confrontés.
Cette approche numérique doit également permettre d’adapter les prochaines formations aux besoins réels des PME.
La première journée du Bootcamp a été marquée par plusieurs échanges de haut niveau, notamment un panel consacré au thème « Leadership et entrepreneuriat dans les chaînes de valeur agricoles ».
Une masterclass portant sur « L’idéation : de l’idée au projet » a également permis aux participants d’acquérir des outils pour transformer une idée innovante en projet structuré, viable et à forte valeur ajoutée.
Les échanges ont porté sur des questions concrètes liées au leadership, à l’entrepreneuriat, à la structuration des projets, à l’accès au marché et au financement.
Le PAM a, pour sa part, rappelé que la sélection finale ne constitue pas uniquement un concours, mais une opportunité de renforcer les capacités des entrepreneurs et de leur permettre de bénéficier de retours d’experts sur leurs projets.
La prochaine étape sera consacrée aux pitchs entrepreneuriaux. Les 125 PME devront présenter et défendre leurs projets devant un jury.
Les critères d’évaluation porteront notamment sur le potentiel d’innovation, la compétitivité, la capacité de création d’emplois pour les jeunes ainsi que l’impact économique et social dans les communautés.
À l’issue des présentations, un classement permettra de dégager un Top 10, dont les membres bénéficieront d’un accompagnement renforcé.
Le projet SALOUMA ne s’arrêtera toutefois pas à la sélection. Selon Mbagnick Faye, une phase de formation et d’accompagnement sera engagée dès la fin du Bootcamp.
Elle portera notamment sur la littératie financière, l’élaboration du business plan, le marketing et l’accès au marché. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs de transformer les idées présentées lors du Bootcamp en projets concrets et finançables.
Le dispositif devrait également contribuer à accompagner environ 5 000 jeunes à travers le pays, à travers les PME retenues et leur écosystème.
Le directeur de l’ITD a souligné que l’objectif n’était pas de distribuer simplement des financements, mais de construire des projets suffisamment solides pour convaincre les institutions financières et autres partenaires.
Dans cette perspective, le Ministère des Microfinances, de l’Économie sociale et solidaire a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les futurs lauréats grâce aux différents mécanismes de financement à sa disposition.
Prenant la parole au nom du Programme alimentaire mondial, le représentant de l’organisation a salué la mobilisation des entrepreneurs venus de différentes régions du Sénégal.
Il a rappelé que le projet SALOUMA s’inscrit dans une volonté de soutenir l’emploi des jeunes, l’entrepreneuriat des femmes et le développement d’un secteur privé dynamique dans les zones rurales.
L’ambition, a-t-il indiqué, est de permettre aux jeunes, aux femmes et aux entrepreneurs locaux de transformer le potentiel agricole du Sénégal en entreprises solides, compétitives et génératrices de revenus durables.
Il a également relevé les principaux obstacles auxquels les PME sont confrontées, notamment l’accès au financement, à la technologie et aux marchés, la formalisation et la gestion des entreprises ainsi que la maîtrise du numérique.
Le représentant du Ministère des Microfinances, de l’Économie sociale et solidaire a, de son côté, confirmé l’engagement de son département à travailler aux côtés du Ministère de l’Agriculture pour renforcer les initiatives locales de développement.
Il a notamment évoqué les orientations issues du Conseil interministériel du 23 mai 2025 et la nécessité de favoriser la mise en place d’unités de production et de mini-industries capables de valoriser les produits locaux et de renforcer les capacités productives.
Pour Abdou Aziz Kane, chef de projet SALOUMA, la sélection des 125 PME constitue le résultat d’un important travail de terrain mené durant plusieurs semaines à travers les neuf régions ciblées.
Cette phase a permis d’aller à la rencontre des entrepreneurs, notamment des jeunes et des femmes actifs dans les différentes filières agricoles, et d’identifier les initiatives présentant le meilleur potentiel.
Le Bootcamp national des 13, 14 et 15 août apparaît ainsi comme une étape charnière : après l’identification et la sélection vient désormais le temps de la formation, de la structuration, du financement et du suivi.
À travers SALOUMA, les partenaires entendent ainsi contribuer à faire émerger au Sénégal une nouvelle génération de PME agricoles plus solides, innovantes, compétitives et capables de créer durablement de la valeur et des emplois.
Moussa Diba










