Accueil / Contribution / 𝐋’𝐄𝐀𝐔 𝐐𝐔𝐈 𝐂𝐎𝐔𝐋𝐄 𝐒𝐎𝐔𝐒 𝐍𝐎𝐒 𝐂𝐋𝐈𝐌𝐀𝐓𝐈𝐒𝐄𝐔𝐑𝐒 : 𝐔𝐍𝐄 𝐑𝐄𝐒𝐒𝐎𝐔𝐑𝐂𝐄 𝐒𝐄́𝐍𝐄́𝐆𝐀𝐋𝐀𝐈𝐒𝐄 𝐆𝐀𝐒𝐏𝐈𝐋𝐋𝐄́ 𝐄𝐌𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫, 𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫, 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐬

𝐋’𝐄𝐀𝐔 𝐐𝐔𝐈 𝐂𝐎𝐔𝐋𝐄 𝐒𝐎𝐔𝐒 𝐍𝐎𝐒 𝐂𝐋𝐈𝐌𝐀𝐓𝐈𝐒𝐄𝐔𝐑𝐒 : 𝐔𝐍𝐄 𝐑𝐄𝐒𝐒𝐎𝐔𝐑𝐂𝐄 𝐒𝐄́𝐍𝐄́𝐆𝐀𝐋𝐀𝐈𝐒𝐄 𝐆𝐀𝐒𝐏𝐈𝐋𝐋𝐄́ 𝐄𝐌𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞𝐫, 𝐞𝐱𝐩𝐞́𝐫𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐞𝐫, 𝐩𝐮𝐢𝐬 𝐠𝐞́𝐧𝐞́𝐫𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞𝐫 𝐮𝐧𝐞 𝐬𝐨𝐥𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧 𝐬𝐢𝐦𝐩𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐧𝐨𝐬 𝐛𝐚̂𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐜𝐬

𝐏𝐫 𝐅𝐚𝐥𝐢𝐥𝐨𝐮 𝐂𝐎𝐔𝐍𝐃𝐎𝐔𝐋

𝐄𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭-𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐧 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐚𝐮 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐓𝐡𝐢𝐧𝐤 𝐓𝐚𝐧𝐤 𝐏𝐫𝐚𝐠𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐒𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥-𝐃𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐞.Il suffit de traverser la cour d’une administration, d’une université ou d’un hôpital sénégalais en pleine saison chaude pour observer la même scène : sous chaque climatiseur, un petit tuyau rejette une eau claire qui finit sur le trottoir, dans le sable ou dans un caniveau. Personne n’y prête attention. Elle ruisselle, s’évapore et disparaît.Pendant ce temps, à quelques mètres de là, les toilettes du même bâtiment utilisent de l’eau potable pour chaque chasse. Une eau qui doit être captée, traitée, transportée et distribuée, alors même que de nombreux établissements publics connaissent des coupures, des baisses de pression ou des difficultés d’approvisionnement.Cette eau porte un nom : le condensat de climatisation. Elle pourrait devenir une ressource complémentaire pour des usages ne nécessitant pas une eau potable. L’idée est simple : utiliser chaque qualité d’eau pour l’usage qui lui correspond.

𝐔𝐍 𝐆𝐈𝐒𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓 𝐃’𝐄𝐀𝐔 𝐈𝐍𝐕𝐈𝐒𝐈𝐁𝐋𝐄 𝐃𝐀𝐍𝐒 𝐍𝐎𝐒 𝐁𝐀̂𝐓𝐈𝐌𝐄𝐍𝐓𝐒Un climatiseur refroidit l’air en le faisant passer sur une surface froide. L’humidité qu’il contient se condense alors en gouttelettes, comme sur la paroi d’un verre rempli d’eau glacée. Cette eau est recueillie dans un bac, puis évacuée par un tuyau. Dans la majorité de nos bâtiments, elle est simplement rejetée à l’extérieur.Le volume produit dépend de l’humidité, de la température, de la puissance de l’appareil et de sa durée de fonctionnement. Mais dans un climat chaud et humide comme celui du Sénégal, les quantités peuvent devenir significatives lorsque plusieurs climatiseurs fonctionnent longtemps.À l’échelle d’un appareil, le volume paraît limité. À l’échelle d’un ministère, d’un hôpital, d’un hôtel ou d’une université, il peut représenter plusieurs mètres cubes par mois. Cette eau n’est pas destinée à la consommation humaine. Mais après collecte, filtration et gestion appropriée, elle pourrait alimenter les chasses d’eau, servir au nettoyage ou à l’arrosage. Pourquoi continuer à utiliser exclusivement de l’eau potable pour des usages qui ne l’exigent pas ?

𝐋’𝐔𝐆𝐁 𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄 𝐃𝐄́𝐌𝐎𝐍𝐒𝐓𝐑𝐀𝐓𝐄𝐔𝐑 𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍𝐀𝐋Le Sénégal ne dispose pas encore, à notre connaissance, d’un cadre technique spécifiquement consacré à la récupération des condensats de climatisation. Cette absence peut devenir une occasion de produire nos propres données, d’expérimenter dans nos conditions climatiques et de construire progressivement une doctrine nationale.L’Université Gaston Berger, et particulièrement l’Institut Polytechnique de Saint-Louis, pourrait accueillir un premier projet pilote. Nous disposons des compétences nécessaires en génie de l’eau, génie civil, énergétique, environnement et maintenance. Le projet pourrait associer enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, étudiants et doctorants, notamment dans le cadre des laboratoires de recherche appliquée.La première étape serait simple : mesurer. Il faudrait recenser les climatiseurs de quelques bâtiments représentatifs, observer leur durée de fonctionnement et mesurer les volumes réellement produits pendant la saison chaude. Ces données permettraient d’identifier les bâtiments offrant le meilleur potentiel et les usages non potables les plus proches.La deuxième étape serait l’installation d’un démonstrateur. Les tuyaux d’évacuation pourraient être regroupés vers un réservoir tampon. Après filtration et, si nécessaire, traitement adapté, l’eau serait dirigée vers les chasses d’eau les plus proches.Il ne s’agit pas d’une technologie sophistiquée. Mais sa simplicité ne doit pas conduire à l’improvisation : le dimensionnement, la sécurité sanitaire, l’entretien et la séparation des réseaux doivent rester rigoureux

𝐔𝐍𝐄 𝐒𝐈𝐌𝐔𝐋𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐀̀ 𝐂𝐎𝐍𝐅𝐈𝐑𝐌𝐄𝐑 𝐏𝐀𝐑 𝐋𝐀 𝐌𝐄𝐒𝐔𝐑𝐄Une première simulation exploratoire réalisée pour un bâtiment-type de l’IPSL équipé d’une douzaine de climatiseurs indique un potentiel de récupération d’environ 43 mètres cubes par an. Ce volume pourrait couvrir près de 12 % des besoins annuels des toilettes considérées.Le coût initial de l’installation a été estimé à environ 373 000 FCFA. L’économie annuelle directe sur la facture d’eau serait proche de 30 000 FCFA, soit un retour sur investissement d’environ douze années. Ce délai peut sembler long si l’on ne considère que la facture d’eau. Mais il reste cohérent avec la durée de vie d’une infrastructure sanitaire bien conçue.Surtout, cette évaluation n’intègre pas les autres bénéfices : réduction de la pression sur l’eau potable, disponibilité d’un appoint en période de coupure, amélioration de l’hygiène, limitation des ruissellements et acquisition de connaissances utiles à la conception des futurs bâtiments publics.Ces chiffres restent des hypothèses de travail. Seule une campagne de mesure permettra de les confirmer. Il serait donc prématuré de les multiplier mécaniquement par plusieurs centaines de bâtiments aux configurations différentes.La démarche la plus rigoureuse consisterait à cibler les bâtiments réunissant trois conditions : une forte production potentielle de condensat, des besoins importants en eau non potable et une proximité suffisante entre les points de production et d’utilisation. Les hôpitaux, les universités, les aéroports et les grands bâtiments administratifs pourraient être prioritaires.

𝐔𝐍 𝐄𝐍𝐉𝐄𝐔 𝐄́𝐂𝐎𝐍𝐎𝐌𝐈𝐐𝐔𝐄, 𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐀𝐔𝐒𝐒𝐈 𝐒𝐀𝐍𝐈𝐓𝐀𝐈𝐑𝐄Réduire cette question à la seule économie financière serait toutefois une erreur. Dans plusieurs établissements publics, le manque d’eau affecte directement le fonctionnement des toilettes. Les conséquences sont immédiates : insalubrité, dégradation des équipements et atteinte à la dignité des usagers.Un système de récupération de condensats ne résoudra pas, à lui seul, les insuffisances de l’assainissement. Mais il peut fournir une ressource complémentaire, locale et relativement indépendante des coupures. Dans certains bâtiments, cette eau pourrait constituer un véritable filet de sécurité sanitaire.

𝐃𝐄𝐔𝐗 𝐄𝐗𝐈𝐆𝐄𝐍𝐂𝐄𝐒 𝐍𝐎𝐍 𝐍𝐄́𝐆𝐎𝐂𝐈𝐀𝐁𝐋𝐄𝐒Deux exigences doivent rester non négociables. Le condensat est généralement peu minéralisé, mais il n’est pas nécessairement propre ou stérile. Une filtration adaptée, un nettoyage régulier et, selon les usages, un traitement complémentaire sont nécessaires.Par ailleurs, aucune connexion ne doit être possible entre le réseau potable et le réseau de condensats. Les conduites et équipements doivent être clairement différenciés et signalés.

𝐂𝐎𝐌𝐌𝐄𝐍𝐂𝐄𝐑 𝐌𝐎𝐃𝐄𝐒𝐓𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓, 𝐌𝐀𝐈𝐒 𝐒𝐄́𝐑𝐈𝐄𝐔𝐒𝐄𝐌𝐄𝐍𝐓Le Sénégal n’a pas besoin de lancer immédiatement un programme coûteux. Il peut commencer modestement, mais sérieusement : mesurer la production réelle de quelques bâtiments de l’UGB, installer un démonstrateur, suivre pendant une année les volumes récupérés, la qualité de l’eau, les coûts de maintenance et les économies, puis publier un bilan technique, sanitaire, économique et environnemental.Ce retour d’expérience pourrait servir de base à un guide national destiné aux universités, administrations, hôpitaux et futurs bâtiments publics

.𝐏𝐎𝐔𝐑 𝐔𝐍𝐄 𝐆𝐄𝐒𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐏𝐋𝐔𝐒 𝐈𝐍𝐓𝐄𝐋𝐋𝐈𝐆𝐄𝐍𝐓𝐄 𝐃𝐄 𝐋’𝐄𝐀𝐔.L’innovation ne consiste pas toujours à importer une technologie coûteuse. Elle peut commencer par l’observation attentive d’une ressource que nous produisons déjà et que nous laissons se perdre.L’eau qui coule sous nos climatiseurs ne réglera pas tous les problèmes hydriques du Sénégal. Mais elle peut contribuer à une gestion plus intelligente, plus sobre et plus résiliente de l’eau.À l’UGB de mesurer. À nos chercheurs et ingénieurs d’expérimenter. À l’État, ensuite, de définir les règles et de généraliser les solutions qui auront fait leurs preuves.

𝐏𝐫 𝐅𝐚𝐥𝐢𝐥𝐨𝐮 𝐂𝐎𝐔𝐍𝐃𝐎𝐔𝐋𝐄𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭-𝐜𝐡𝐞𝐫𝐜𝐡𝐞𝐮𝐫 𝐞𝐧 𝐠𝐞́𝐧𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐚𝐮 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥’𝐞𝐧𝐯𝐢𝐫𝐨𝐧𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭, 𝐚𝐜𝐭𝐞𝐮𝐫 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐬𝐩𝐨𝐧𝐬𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐓𝐡𝐢𝐧𝐤 𝐓𝐚𝐧𝐤 𝐏𝐫𝐚𝐠𝐦𝐚𝐭𝐢𝐬𝐦𝐞 𝐒𝐨𝐜𝐢𝐚𝐥-𝐃𝐞́𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐞.

Répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *