À travers cet atelier, le gouvernement entend donner une nouvelle impulsion à la politique de contenu local afin de permettre aux entreprises sénégalaises de tirer pleinement profit des opportunités offertes par l’exploitation des ressources pétrolières et gazières. Les secteurs concernés sont nombreux : services pétroliers et parapétroliers, restauration, logistique, transport, sécurité, maintenance industrielle, ingénierie, fourniture d’équipements, infrastructures « Gas-to-Power », logistique maritime, services portuaires et approvisionnement des installations offshore.
Dans son discours d’ouverture, le ministre Dr Abdourahmane Diouf a souligné que le choix de consacrer le premier grand atelier du ministère à l’investissement local n’était pas un hasard, mais un signal fort de la volonté de l’État de placer le secteur privé national au cœur de la nouvelle économie des hydrocarbures.
Selon lui, la réussite des projets pétroliers et gaziers ne doit pas être évaluée uniquement à travers les volumes produits ou les recettes générées, mais surtout par leur capacité à faire émerger des entreprises sénégalaises compétitives, des investisseurs nationaux solides, des compétences locales de haut niveau et des emplois durables.
« Le secteur privé national ne doit pas regarder passer le train du pétrole et du gaz. Il doit monter dans le train, mieux encore, il doit en être le moteur », a déclaré le ministre.
Il a rappelé que l’entrée du Sénégal dans le cercle des pays producteurs de pétrole, avec le démarrage de la production à Sangomar le 11 juin 2024, puis celle du gaz naturel liquéfié du projet GTA, ouvre une nouvelle phase de défis : transformer les investissements en entreprises, les emplois en compétences et les ressources naturelles en prospérité durable.
Pour le ministre, le contenu local doit désormais évoluer vers une véritable politique industrielle fondée sur la création de valeur, le transfert de technologies, l’investissement productif et le développement des entreprises nationales.
Dr Abdourahmane Diouf a également insisté sur la nécessité de lever le principal obstacle auquel sont confrontées les PME sénégalaises : l’accès au financement.
Il a appelé les banques commerciales, les institutions de garantie, les fonds d’investissement et les partenaires financiers à mettre en place des mécanismes innovants permettant aux entreprises nationales de mobiliser les ressources nécessaires pour exécuter les marchés obtenus.
Selon lui, une entreprise sénégalaise compétente ne doit plus perdre un contrat faute de garanties financières ou de fonds de roulement.
Le ministre a également exhorté les compagnies pétrolières internationales à renforcer leurs partenariats avec les entreprises sénégalaises en leur offrant davantage de visibilité sur les appels d’offres, de transfert de technologies, de formation et d’accompagnement.
Le président du Conseil national du Patronat (CNP), Baïdy Agne, a salué la volonté des autorités de placer les investisseurs nationaux au centre de la stratégie énergétique du Sénégal.
Il a rappelé que le patronat avait depuis plusieurs années plaidé pour l’élaboration d’une véritable stratégie nationale de contenu local, estimant que les hydrocarbures doivent constituer un puissant levier de développement industriel et de création de richesse au profit des entreprises sénégalaises.
Il a également insisté sur la nécessité de sécuriser l’environnement juridique et financier afin d’encourager davantage d’investissements privés nationaux.
Pour Amadou Ly, président du Club des investisseurs sénégalais, le contenu local ne doit plus se limiter à l’attribution de contrats ponctuels.
Il a plaidé pour une approche plus ambitieuse permettant de faire des entreprises sénégalaises de véritables acteurs industriels capables d’intégrer durablement la chaîne de valeur pétrolière et gazière.
Il a notamment appelé à améliorer l’accès au financement, simplifier les procédures de certification, renforcer les compétences techniques des PME et assurer un meilleur suivi de l’application du contenu local.
Le secrétaire permanent du COS-PETROGAZ, Dr Khadim Bamba Diagne, a rappelé que la réussite de cette stratégie repose avant tout sur le développement du capital humain.
Selon lui, la mobilisation de l’investissement local passe par la formation d’une expertise nationale, le renforcement des entreprises locales et une meilleure préparation des universités et centres de formation aux besoins de l’industrie pétrolière et gazière.
Les participants ont également rappelé que plusieurs dispositifs sont déjà disponibles pour accompagner les entreprises nationales:
.● Le Comité national de suivi du contenu local (CNSCL) met à disposition une plateforme de publication des appels d’offres réservés aux entreprises sénégalaises.
● Le FONSIS et les banques locales accompagnent les PME dans leur montée en capacité afin qu’elles répondent aux exigences techniques et financières du secteur.
● L’Institut national du pétrole et du gaz (INPG) poursuit quant à lui la formation des ressources humaines destinées à répondre aux besoins croissants de l’industrie.
À travers cet atelier, le gouvernement réaffirme sa volonté de faire du contenu local un véritable levier de transformation économique, afin que les ressources pétrolières et gazières deviennent un moteur de création d’emplois, de développement industriel et d’émergence de champions nationaux capables de rayonner au Sénégal comme à l’international.
Moussa Diba










