Cette initiative, portée par l’Association pour le développement de Djilor Djidiack, se veut un puissant moment de reconnexion entre l’Afrique et sa diaspora caribéenne. Pour les organisateurs, ce déplacement symbolise un véritable « voyage de retour » pour ces Afro-descendants qui franchiront symboliquement « la porte du retour » sur l’île de Gorée, haut lieu de mémoire de la traite négrière.
Lors d’une conférence de presse organisée en prélude à l’événement, le secrétaire général de l’association, Mamadou Mignane Diouf, a souligné la portée historique et culturelle de cette célébration.
« Djilor Djidiack se prépare à célébrer les 50 ans des retrouvailles entre Senghor et Césaire à la Martinique, en 1976. À cette occasion, une délégation de plus de 50 Martiniquais viendra effectuer une immersion culturelle à Djilor et à Gorée », a-t-il déclaré.
Au programme figurent des panels sur le dialogue intellectuel entre Senghor et Césaire, des lectures poétiques, des rencontres artistiques et des échanges culturels entre Sénégalais et Martiniquais. Les organisateurs ambitionnent également de créer à Djilor un espace culturel dédié à Aimé Césaire ainsi qu’un « arbre du retour », symbole des liens historiques, spirituels et mémoriels entre l’Afrique et ses diasporas.
Pour Mamadou Mignane Diouf, cette célébration dépasse le simple cadre commémoratif. Elle rappelle le rôle central du Sénégal dans le processus de reconnexion des Afro-descendants avec leurs racines africaines.
L’ancien journaliste sénégalo-martiniquais
Adams Touré, également impliqué dans l’organisation, a insisté sur la portée symbolique du 22 mai dans l’histoire de la Martinique. Cette date marque le soulèvement populaire de 1848 à Saint-Pierre-de-la-Martinique contre le système esclavagiste, prélude à l’abolition de l’esclavage sur l’île.
« C’est pourquoi nous avons choisi de nous rendre à Gorée dans la nuit du 21 au 22 mai pour commémorer cet événement », a-t-il expliqué, évoquant une démarche symbolisant « la brisure des chaînes ».
L’événement sera également marqué par l’arrivée d’une yole martiniquaise, embarcation traditionnelle des Caraïbes, présentée comme « le bateau du retour de l’ancêtre déporté ». Ce symbole fort entend matérialiser le lien historique et affectif entre les peuples africains et antillais.
Les organisateurs ont par ailleurs mis en avant la forte participation des jeunes au sein de la délégation martiniquaise. Étudiants en BTS, apprenants en agronomie et nouveaux bacheliers prendront part à cette immersion culturelle afin de mieux s’approprier leur histoire commune et renforcer les échanges avec la jeunesse sénégalaise.
À travers cette initiative, Djilor et Gorée
À travers cette initiative, Djilor et Gorée deviennent ainsi les lieux d’un dialogue renouvelé entre mémoire, culture et transmission, cinquante ans après les retrouvailles historiques entre deux grandes figures de la négritude.
Moussa Diba










