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Boulangerie sénégalaise : la FNBS alerte sur une crise « mortelle » et menace d’un plan d’action national

La rencontre, présidée par Amadou Guèye, en présence de Joseph Désiré Diab, a permis aux boulangers de dénoncer « l’asphyxie économique programmée » de leur filière et d’interpeller directement les autorités étatiques

Réunie en conclave extraordinaire, la FNBS estime que les engagements pris par l’État depuis deux ans pour accompagner les professionnels n’ont jamais été respectés. Selon les responsables de la fédération, le maintien du prix du pain à 150 FCFA, sans mécanisme d’accompagnement, a plongé les boulangeries dans une impasse financière.

Prenant la parole, Amadou Guèye a déclaré que « la boulangerie sénégalaise est en danger de mort », rappelant que les professionnels alertent les autorités depuis plusieurs années sans obtenir de réponses concrètes.

Le président de la FNBS a dénoncé « le maintien artificiel » du prix du pain à 150 FCFA alors que les charges explosent : hausse des factures d’électricité, flambée des prix de la levure et des améliorants, raréfaction de la farine et difficultés d’approvisionnement en diesel pour les fours.

« Comment maintenir un prix social à 150 FCFA quand les coûts de production augmentent de façon continue ? », s’est-il interrogé, estimant que les boulangeries travaillent aujourd’hui à perte.

Selon la FNBS, cette crise met en péril :
● plus de 2 500 boulangeries à travers le pays ;
● plus de 40 000 emplois directs et indirects ;
la stabilité sociale ;
● ainsi que la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Les boulangers dénoncent également une concurrence jugée déloyale avec la prolifération de points de vente clandestins et le non-respect du décret 22-77 régissant le secteur.

Amadou Guèye a notamment critiqué les lenteurs administratives dans la délivrance des autorisations d’ouverture de boulangeries et l’absence de contrôle rigoureux sur les nouvelles installations.

« Aujourd’hui, des boulangeries ouvrent parfois à moins de 50 mètres d’une autre, alors que la réglementation prévoit une distance minimale », a-t-il regretté.

Face à cette situation, la fédération propose plusieurs mesures d’urgence, parmi lesquelles :
■ la fixation d’un pain de référence à 200 FCFA pour 210 grammes ;
■ le maintien de formats sociaux à 150 FCFA et 100 FCFA ;
■ la suppression de la TVA sur les factures d’électricité ;
■ une tarification énergétique spécifique pour les boulangers ;
des subventions pour l’acquisition de kits solaires ;
■ la suppression de la TVA sur la farine locale, la levure et les améliorants ;
■ la libéralisation du marché de la farine ;
■ ainsi que l’intégration obligatoire de céréales locales comme le mil, le maïs ou le fonio dans la production.

La FNBS réclame également la convocation urgente d’un conseil interministériel regroupant les ministères du Commerce, des Finances, de l’Énergie, de l’Environnement, de la Formation professionnelle et de l’Intérieur afin de définir une feuille de route pour sauver la filière.

De son côté, Joseph Désiré Diab a rappelé que les boulangers ont accepté, il y a deux ans, la baisse du prix du pain après les engagements de l’État d’accompagner le secteur.

« Jusqu’à présent, nous n’avons vu aucun accompagnement concret », a-t-il déclaré, soulignant que les boulangers assurent quotidiennement l’alimentation des Sénégalais, notamment durant le mois de Ramadan.

Tout en appelant au dialogue, la FNBS avertit que si aucune mesure immédiate n’est prise, elle déploiera un plan d’actions national susceptible d’impacter la production et la distribution du pain sur l’ensemble du territoire.

« Nous ne voulons pas la confrontation. Nous voulons un dialogue sincère, suivi d’effets immédiats. Mais nous n’accepterons plus l’extinction silencieuse de nos boulangeries », a conclu Amadou Guèye.

Moussa Diba

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