

Organisé par l’ONG Practical Action en partenariat avec l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles à travers le Centre National de Recherches Forestières (CNRF), cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet PRECABE, financé par le Global EbA Fund.
Au Sénégal, plusieurs villes comme Dakar, Thiès, Saint-Louis et Louga sont régulièrement confrontées à des inondations, aggravées par l’urbanisation rapide, l’imperméabilisation des sols et la dégradation des écosystèmes. Ces phénomènes entraînent des pertes économiques importantes, perturbent les activités socio-économiques et fragilisent davantage les populations.
Jusqu’à présent, les réponses ont principalement reposé sur des infrastructures classiques dites « grises », telles que les systèmes de drainage ou les bassins de rétention. Toutefois, ces solutions montrent leurs limites en raison de leur coût élevé, de leur entretien et de leur faible durabilité.
Le projet PRECABE propose une approche complémentaire basée sur les écosystèmes et les solutions fondées sur la nature (NbS). Ces approches permettent de restaurer les fonctions naturelles des sols et des espaces verts afin de mieux gérer les eaux de pluie et réduire les risques d’inondation.
Selon le professeur Ababacar Fall de l’École Polytechnique de Thiès, « l’objectif est de développer des solutions naturelles capables de renforcer durablement la résilience des communautés ». Il souligne également que Thiès constitue une phase pilote destinée à être étendue à d’autres régions du pays.
Les travaux menés dans le cadre du projet ont permis de réaliser des études hydrologiques, d’analyser les dynamiques de ruissellement et de proposer des solutions adaptées allant du bassin versant jusqu’aux habitations.
Pour Adama Dia, il est urgent de revoir les modèles d’aménagement urbain. Il dénonce notamment le pavage excessif des villes qui empêche l’infiltration naturelle des eaux et accentue les inondations.
Il préconise ainsi :
● la restauration des zones humides ;
● la création et la protection des espaces verts ;
● l’intégration de la biodiversité dans la planification urbaine ;
● et la combinaison des solutions naturelles avec les infrastructures existantes.
Le projet met un accent particulier sur l’implication des communautés locales. Mme Julie Cissé a insisté sur le rôle central des populations, notamment des femmes et des jeunes, dans la mise en œuvre des solutions.
Dans plusieurs quartiers de Thiès, des initiatives concrètes ont déjà été réalisées, telles que la création de jardins de pluie, le développement du micro-jardinage et la réhabilitation d’espaces urbains. Ces actions contribuent à améliorer le cadre de vie tout en renforçant la capacité d’adaptation des populations.
Cet atelier national vise à renforcer la concertation entre les différents acteurs — institutions publiques, collectivités territoriales, chercheurs, société civile et partenaires techniques — afin de favoriser l’intégration des approches AbE et NbS dans les politiques publiques.
À terme, il est attendu l’élaboration d’une feuille de route nationale, un guide de référence et un cadre de collaboration renforcé pour accompagner la mise à l’échelle de ces solutions à travers le pays.
À travers le projet PRECABE, le Sénégal explore de nouvelles voies pour faire face aux défis climatiques, en s’appuyant sur des solutions durables, inclusives et adaptées aux réalités locales.
Au-delà de Thiès, cette initiative ouvre la voie à une transformation des politiques urbaines, plaçant les écosystèmes et les communautés au cœur de la résilience face aux changements climatiques.
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