L’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) a abrité un atelier scientifique de haut niveau consacré à la commémoration du 70e anniversaire de la Conférence afro-asiatique de Bandung. La rencontre a été présidée par la, Vice-Recteur de l’UCAD et représentant du Recteur ,le professeur Alioune Badara Kandj.
L’atelier, placé sous le thème « 70 ans après Bandung : quelle est l’actualité de la Conférence pour le Sud global ? », a été organisé par le Département de sociologie du Laboratoire de Sociologie, Anthropologie et Psychologie (LASAP), en collaboration avec l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, à l’initiative de l’Institute of African and Asian Studies of the Sahel.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités diplomatiques et académiques de premier plan, notamment :
● SEM Li Zhigang, Ambassadeur de la République populaire de Chine au Sénégal ;
● SEM Khaled Aref, Ambassadeur de la République arabe d’Égypte au Sénégal ;
● SEM Dinkar Asthana, Ambassadeur de la République de l’Inde au Sénégal ;
● Dr Ibrahima Niang, Directeur de l’Institut des Études Africaines et Asiatiques au Sahel;
● Professeur Ibrahima Dia, Chef du Département de sociologie ;
● Professeur Mamadou Bouna Timera, Doyen de la Faculté des Lettres et Sciences Humaines, ainsi que de nombreux enseignants-chercheurs, étudiants et acteurs institutionnels.
Il y a soixante-dix ans, les dirigeants de pays d’Asie et d’Afrique se réunissaient pour la première fois à Bandung, en Indonésie, dans un contexte international marqué par la bipolarisation du monde et la domination coloniale. Les États nouvellement indépendants ,notamment la Chine, l’Inde, l’Égypte et l’Indonésie, cherchaient alors à affirmer leur souveraineté politique, leur dignité et leur place dans le concert des nations.
À cette époque, la décolonisation de l’Afrique subsaharienne n’était pas encore pleinement engagée et la question palestinienne en était à ses débuts. Pourtant, Bandung a constitué un moment fondateur, un pacte afro-asiatique réunissant 29 pays décidés à rejeter le colonialisme, l’impérial.

Dans son intervention, SEM Li Zhigang, Ambassadeur de Chine au Sénégal, a souligné que l’esprit de Bandung demeure un phare pour les pays du Sud global, fondé sur la solidarité, l’égalité et la coopération.
Il a plaidé pour :
■ le renforcement de la coopération Sud-Sud
■ l’approfondissement du partenariat Afrique-Asie
■ une meilleure représentation des pays en développement dans la gouvernance mondiale
■ la promotion d’un ordre international plus équitable et multipolaire
■ La construction d’une communauté de destin pour l’humanité
Selon lui, la Chine reste un acteur engagé dans la défense des principes de Bandung et dans l’accompagnement du développement du Sud global.
De son côté, SEM Dinkar Asthana, Ambassadeur de l’Inde au Sénégal, a rappelé que la Conférence de Bandung avait jeté les bases idéologiques du mouvement des non-alignés et de la coopération afro-asiatique.
Il a insisté sur la nécessité, aujourd’hui, de :
● renforcer la coopération face au changement climatique
● garantir la sécurité alimentaire et énergétique
● démocratiser l’accès aux technologies
● réformer les institutions financières internationales
● faire entendre la voix du Sud global dans la gouvernance mondiale
Clôturant les interventions, la Vice-rectrice de l’UCAD,représentante du Professeur Alioune Badara Kandji, a rappelé que Bandung fut un moment d’affirmation politique, intellectuelle et morale des peuples du Sud.
Elle a souligné que l’université a pour vocation d’être un espace de production de savoirs utiles à la décision publique, de débats critiques et de coopération internationale, tout en transmettant cet héritage aux jeunes générations.
« C’est à cette génération qu’il reviendra de porter les idéaux de justice, de paix et de coopération qui animaient l’esprit de Bandung », a-t-elle conclu.
Espace Afrik







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